Le travail d’équipe, une formation en RCR et un DEA permettent de sauver une vie à Oshawa

Une journée ordinaire au club de curling d’Oshawa s’est transformée en urgence cardiaque en quelques secondes. Natalia Lebedeva a reconnu les signes d’un arrêt cardiaque et a commencé à effectuer la RCR, tandis que d’autres joueurs composaient le 911 et allaient chercher un DEA. Ce travail d’équipe a permis de sauver une vie. Lisez l’histoire de Natalia et découvrez pourquoi elle est devenue une ardente défenseure de la formation en RCR.

Une femme habillée en noir tient une brosse de curling d’une main et relâche une pierre de l’autre en glissant sur la glace.
Photo : Croix-Rouge canadienne

Reconnaître les signes d’un arrêt cardiaque au club de curling d’Oshawa

C’était un dimanche matin du mois de décembre 2025 au club de curling d’Oshawa. Les glaces étaient remplies de joueurs et Natalia Lebedeva, qui s’était jointe au club depuis peu, venait juste de lancer sa pierre.

Alors qu’elle quittait la glace, elle a entendu quelqu’un demander : « Est-ce qu’il va bien? » En se retournant, elle a vu un homme inconscient allongé sur la glace à côté de la sienne.

Même si la surface des glaces n’est généralement pas glissante, des chutes se produisent quand même à l’occasion. Natalia s’est demandé si l’homme ne s’était pas cogné la tête en tombant. Elle s’est immédiatement rendue auprès de lui, a informé le groupe qu’elle connaissait la RCR et a demandé ce qui s’était passé.

L’importance de tenir sa formation en RCR à jour
À peine quelques mois auparavant, au cours de l’été 2025, Natalia avait suivi une formation en RCR avec un groupe de propriétaires de chalets. Dans les endroits isolés, l’arrivée des secours peut prendre du temps, et les membres de la communauté se sont rendu compte qu’ils devaient être prêts à intervenir en attendant l’arrivée des ambulanciers. Natalia était loin de se douter que ses nouvelles compétences lui seraient utiles aussi rapidement.
 

Les témoins lui ont expliqué que l’homme avait lancé sa pierre normalement, mais qu’au lieu de se relever, il s’était doucement affalé par terre. Cela a inquiété Natalia, qui s’est demandé s’il ne s’agissait pas d’une urgence cardiaque.

Quels sont les symptômes d’un arrêt cardiaque chez un adulte?
Un adulte qui est inconscient, qui ne respire pas ou qui cherche son souffle peut être en arrêt cardiaque.
 

Natalia s’est agenouillée près de l’homme inconscient et a vérifié sa respiration. Elle a constaté qu’il haletait et avait de la difficulté à respirer. Son absence de réaction et sa respiration anormale ont renforcé ses craintes qu’il s’agissait réellement d’un arrêt cardiaque et l’ont poussée à agir. Comme il n’y a pas une minute à perdre en cas d’urgence cardiaque, il fallait commencer la RCR immédiatement.

Bien qu’elle soit d’ordinaire timide et discrète, et qu’elle soit nouvelle au club de curling, Natalia n’a pas hésité : elle a commencé les compressions thoraciques et à donner des insufflations.

Pourquoi doit-on effectuer des compressions thoraciques lors d’un arrêt cardiaque?

Effectuer des compressions thoraciques favorise la circulation du sang vers le cerveau et les autres organes vitaux lorsque le cœur ne bat plus par lui-même. Pour en savoir davantage à ce sujet, regardez cette vidéo sur la manière d’effectuer des compressions thoraciques.

 
 

Comme le curling est un sport d’équipe, les membres du club, habitués à collaborer, n’ont pas perdu une minute pour venir en aide à l’homme : Un membre a composé le 911, et la personne qui lui a répondu lui a rappelé de se procurer un DEA, et un témoin s’est empressé d’aller en chercher un. Natalia, qui savait qu’elle se fatiguerait rapidement en effectuant les compressions thoraciques, a demandé si quelqu’un d’autre maîtrisait cette technique. Une personne s’est portée volontaire pour effectuer la RCR à deux, et les autres témoins se sont mobilisés pour prodiguer des soins.

RCR, travail d’équipe et utilisation du DEA

Après quelques minutes de compressions thoraciques et d’insufflations, Natalia et les témoins ont remarqué que l’état de l’homme s’était dégradé : « Il a arrêté de faire des sons, il est devenu totalement immobile et sa peau est devenue bleutée », se souvient Natalia.

C’est le moment qu’elle a trouvé le plus difficile. Si elle n’avait pas suivi la formation, Natalia croit qu’elle aurait baissé les bras et aurait arrêté la RCR. Mais pendant son cours, on lui avait appris qu’il fallait persévérer : « J’avais suffisamment de connaissances pour savoir qu’il était en état de mort clinique, et que je devais continuer la RCR. »

N’arrêtez pas. Mieux vaut pratiquer la RCR de façon imparfaite que de ne rien faire.
Même si vous pensez qu’il n’y a plus rien à faire pour la personne, il est possible qu’elle ne soit que cliniquement morte.

On parle de mort clinique lorsque la respiration et le rythme cardiaque d’une personne s’arrêtent. Cet état est réversible si l’on intervient rapidement, car les dommages au cerveau ne surviennent que lorsque celui-ci est privé d’oxygène pendant 4 à 6 minutes. Quand le cerveau manque d’oxygène pendant 8 à 10 minutes, la mort biologique survient et est irréversible.

Pratiquer la RCR et utiliser un DEA immédiatement après un arrêt cardiaque augmente les chances de survie en attendant l’arrivée du personnel d’intervention d’urgence.
 

Natalia a demandé aux témoins de garder leur calme et a poursuivi la RCR.

La personne qui était partie à la recherche d’un DEA en a ramené un sur les lieux et l’a mis en marche.

Les DEA peuvent sauver des vies
Après avoir été mis en marche, un DEA analyse le rythme cardiaque de la personne, indique si une décharge électrique est requise et donne des instructions audio aux secouristes.
 

En suivant les instructions de la machine, des témoins ont appliqué les électrodes sur la poitrine de l’homme, et Natalia a interrompu les compressions thoraciques le temps que le DEA analyse le rythme cardiaque de ce dernier. Le DEA a recommandé d’administrer une décharge électrique.

Tout le monde a reculé afin de s’assurer de ne pas toucher l’homme pendant que la décharge était administrée. Natalia a recommencé la RCR. Presque immédiatement, l’homme a commencé à montrer des signes de vie : il a repris des couleurs, a émis des sons et a ouvert les yeux.

Soulagée, Natalia a interrompu la RCR et tout le monde a poussé un soupir de soulagement en pensant qu’ils étaient sortis du bois. « C’est à ce moment que nous avons retiré les électrodes, ce qui s’est avéré être une erreur », se souvient Natalia. Heureusement, elle est demeurée aux côtés de l’homme et a essayé de lui parler, ce qui lui a permis de constater qu’il avait de nouveau perdu connaissance.

Natalia a très vite crié aux autres de revenir et de replacer les électrodes sur la poitrine de l’homme. Cette fois, le défibrillateur n’a pas recommandé d’administrer une décharge électrique, et Natalia a poursuivi la RCR en attendant l’arrivée du personnel ambulancier.

Poursuivez les soins jusqu’à l’arrivée des secours professionnels
Même si la personne montre des signes de vie, laissez le DEA allumé et ne retirez pas les électrodes. Continuez à suivre les indications de la machine et à surveiller l’état de la personne. Si celle-ci perd de nouveau conscience et respire de façon anormale, reprenez la RCR.
 

Quelques minutes à peine après l’arrivée du personnel ambulancier, l’homme a commencé à réagir et a essayé de s’asseoir. Il a été transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins plus avancés et, selon les dernières nouvelles fournies par sa famille, il se porte bien.

Natalia et les autres membres du club ont fourni des soins essentiels pendant 10 à 12 minutes en attendant l’arrivée de l’ambulance. Plus tard, les services de police ont indiqué que l’intervention des témoins avait joué un rôle essentiel dans la survie de l’homme, ce qui renforce l’importance d’agir rapidement dès les premières minutes d’une urgence cardiaque.

Proposer des formations de secourisme en milieu de travail

Après le départ de l’homme en ambulance, les parties de curling ont été annulées pour la journée et tout le monde a quitté les lieux. Natalia avait réussi à garder son sang-froid pendant toute la durée de l’urgence, mais une fois chez elle, elle a ressenti le poids émotionnel de cette expérience. Natalia n’était pas prête à en parler, mais elle se sentait dans un tel état de stress et d’agitation, qu’elle n’avait qu’une envie : aller courir. Elle a couru 7 km.

Le jour suivant, au travail, elle a demandé si le bureau disposait d’un DEA et si des formations en secourisme étaient offertes. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Sachant à quel point sa formation en RCR et l’utilisation d’un DEA avaient joué un rôle crucial dans la survie de l’homme au club de curling, Natalia s’est dit qu’elle devait agir. Cette expérience avait changé sa conception de ce qui constitue un environnement sécuritaire : un endroit où un DEA est facilement accessible et où des personnes savent comment s’en servir.

Il a fallu à Natalia du temps pour gérer les émotions engendrées par une telle situation de vie ou de mort, même si tout s’est bien terminé. Quand elle s’est sentie prête, Natalia a parlé de son expérience et a rencontré les Ressources humaines et la direction de son lieu de travail afin de leur expliquer l’importance de disposer d’un DEA pour assurer la sécurité des 150 membres du personnel. L’entreprise a pris son expérience au sérieux et a accepté de se procurer des DEA et d’offrir une formation en secourisme à seize personnes.

Natalia faisait partie de ces personnes, et a pu suivre la première partie de la formation complète en secourisme, ce qui lui a permis de renforcer les compétences qu’elle avait déjà mises en pratique au club de curling. Elle a parlé de son expérience avec ses collègues et a suscité leur intérêt et leur engagement à améliorer la préparation dans leur milieu de travail. Bien qu’elle espère ne plus jamais revivre ce type d’expérience, Natalia estime que le fait d’avoir approfondi ses connaissances lui a permis d’être mieux préparée et d’avoir plus confiance dans sa capacité à intervenir en cas d’urgence. Grâce à son initiative, Natalia n’est plus la seule à connaître les techniques permettant de sauver des vies à son travail.

Natalia encourage tout le monde à apprendre la RCR

Lorsque Natalia a ouvert la lettre lui annonçant qu’elle avait été mise en nomination pour le Prix du secourisme à l’œuvre de la Croix-Rouge canadienne, elle a été très surprise. Elle ne se considère pas ses actes comme héroïques; ils étaient tout simplement indispensables au vu de la situation. Étant donné qu’elle connaissait les techniques de RCR, Natalia s’est sentie obligée d’agir et elle est reconnaissante d’avoir pu le faire avec le soutien des autres personnes présentes. « Personne ne souhaite vivre une telle situation, mais une urgence peut survenir en tout temps, qu’on soit prêts ou pas. C’est pourquoi la préparation est importante, car elle nous donne les moyens d’agir lorsque c’est nécessaire ».

Tout le monde réagit différemment face au stress, et certaines personnes craignent d’intervenir. Pour Natalia, c’est la formation en RCR qui a fait toute la différence :

« Il est possible de surmonter sa peur, celle de prendre une mauvaise décision ou de blesser quelqu’un... La plupart des gens sont capables de donner le meilleur d’eux-mêmes dans ce type de situation. Ils ont juste besoin d’acquérir un peu de confiance et des compétences essentielles. Suivez une formation. Si vous l’avez fait, mais il y a longtemps, rafraîchissez vos connaissances en la suivant de nouveau. Cela vous donnera la confiance nécessaire pour commencer [la RCR], ainsi que le courage de ne pas arrêter. » En cas d’urgence cardiaque, il est préférable de pratiquer une RCR imparfaite que ne rien faire.

Natalia estime que les êtres humains ont été capables de survivre aussi longtemps grâce à leur volonté de s’entraider : « Nous ne courons pas très vite et n’avons une très bonne vision nocturne, dit-elle avec humour. Mais nous pouvons coopérer, travailler ensemble et nous entraider. Donner la RCR peut être effrayant : il faut faire des compressions thoraciques et donner des insufflations à une personne inconsciente. Mais pouvoir utiliser des techniques pour sauver la vie d’une personne, ça, c’est le vrai pouvoir. »

Êtes-vous prête ou prêt à perfectionner vos connaissances en RCR? Parcourez la page Comment choisir le bon cours? et téléchargez l’application de secourisme!

Natalia Lebedeva est debout sur la glace à son club de curling. Les yeux tournés directement vers la caméra, elle tient entre ses main la plaque du Prix du secourisme à l’œuvre.
Photo : Croix-Rouge canadienne

Vous connaissez une personne dont les actions méritent d’être reconnues?
Vous pouvez proposer sa candidature au Prix du secourisme à l’œuvre, qui honore les personnes comme Natalia qui font preuve d’initiative lors de moments critiques pour sauver des vies. Ces prix témoignent du courage et de la présence d’esprit de personnes ordinaires dans des circonstances extraordinaires.
 

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