Le 24 juin 2026, deux des plus puissants séismes en plus d’un siècle ont frappé le Vénézuéla. Trois mois plus tard, le retour à la normale demeure difficile pour de nombreuses familles. En effet, plus de neuf millions de personnes ont été touchées, des milliers de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur domicile, et les dommages causés aux habitations, aux hôpitaux, aux routes et aux réseaux d’aqueduc continuent de perturber l’accès aux services essentiels. À La Guaira, l’une des villes les plus durement touchées, environ 95 % des infrastructures ont été endommagées par les séismes.
Alors que l’intervention se poursuit, les besoins en matière de santé changent, mais ne diminuent pas. Les personnes touchées continuent de subir les effets des déplacements, des pertes et de l’incertitude. Les soins de santé primaires, les services de santé mentale et de soutien psychosocial et les soins continus destinés aux personnes ayant des maladies chroniques sont tous devenus de plus en plus importants. Les dommages subis par plus de 40 hôpitaux et 100 établissements de soins de santé primaires ont compliqué l’accès aux soins continus. Les répercussions se font sentir chez les personnes qui ont besoin de suivre des traitements et d’obtenir des médicaments de façon régulière, car les ressources sont limitées depuis trois mois. De plus, l’instabilité du réseau électrique compromet la prestation des soins maternels et néonataux.
Préserver l’accès aux soins de santé
Au cours des premiers jours qui ont suivi les séismes, l’hôpital mobile de la Croix-Rouge vénézuélienne à La Guaira a permis de soigner des centaines de personnes blessées. Pour le moment, l’hôpital mobile offre surtout des soins de santé primaires et du soutien psychosocial, mais les personnes qui ont des maladies chroniques ont besoin d’un accès continu à des traitements et des médicaments. Maria Munoz-Bertrand, spécialiste humanitaire de la Croix-Rouge canadienne, a appuyé l’intervention sur le terrain au sein de l’équipe de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (la Fédération internationale).

Photo : Croix-Rouge vénézuélienne
« L’accès continu aux soins de santé demeure une priorité au Vénézuéla. À la suite d’une catastrophe, lorsque les personnes n’ont pas accès aux soins dont elles ont besoin, elles risquent de voir leurs problèmes de santé urgents se détériorer rapidement », déclare Maria.
Pendant l’intervention, les services de santé offerts ont été adaptés à l’évolution des besoins. La Fédération internationale, en partenariat avec la Croix-Rouge espagnole, a déployé et mis sur pied une autre clinique mobile en complément à celle que possède déjà la Croix-Rouge vénézuélienne. Cette nouvelle clinique offre des soins de santé primaires à des milliers de personnes, ainsi que des soins pour les mères et les nouveau-nés, des services de vaccination et du soutien psychosocial.
Lors d’une récente visite à La Guaira, Juliana Bravo, chef de région, Amériques, pour la Croix-Rouge canadienne, a constaté l’ampleur de l’intervention sur le terrain. Elle nous fait part de ses impressions :
Un réseau mondial au service de l’intervention locale
La Fédération internationale et la Croix-Rouge vénézuélienne restent aux premières lignes de l’intervention, soutenues par le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (le Mouvement). Grâce au soutien du gouvernement du Canada et à la générosité des donateurs et donatrices, la Croix-Rouge canadienne a été en mesure d’appuyer l’intervention de la Croix-Rouge au Vénézuéla dès ses tout débuts. Grâce à cette collaboration, la Croix-Rouge canadienne a pu acheminer 5 700 articles de première nécessité, qui sont arrivés au Vénézuéla seulement 48 heures après la catastrophe. Par la suite, elle a envoyé des trousses médicales contenant des médicaments, des fournitures médicales, des produits de planification familiale et des médicaments pour traiter les maladies chroniques. De plus, quatre spécialistes humanitaires de la Croix-Rouge canadienne ont été déployés au Vénézuéla pour appuyer l’intervention.

Photo: Croix-Rouge vénézuélienne
En collaborant étroitement avec nos partenaires du vaste réseau du Mouvement, nous avons pu rapidement acheminer des articles essentiels jusqu’au Vénézuéla. Nous avons coordonné nos efforts avec ceux de la Croix-Rouge portugaise pour expédier des articles de première nécessité comme des couvertures, de la literie et des trousses d’hygiène. Dans les jours et les semaines qui ont suivi la catastrophe, nous avons également octroyé des fonds à la Croix-Rouge mexicaine et à la Croix-Rouge colombienne pour appuyer des opérations de recherche et de sauvetage et la prestation de soins de santé.
Soutenir les communautés tout au long de l’intervention et du rétablissement
Après avoir constaté la situation au Vénézuéla, Kelsey Lemon, vice-présidente, Coopération internationale, à la Croix-Rouge canadienne, a mis en lumière l’importance de la collaboration pour soutenir les communautés tout au long de l’intervention et de leur rétablissement.
« Le Vénézuéla fait face à un long processus de rétablissement. Mais si nous travaillons en étroite collaboration, unissons nos efforts, respectons les priorités locales et tirons parti de l’expertise sur le terrain, nous pouvons offrir un soutien concret aux personnes qui ont tant perdu. »
Trois mois après la catastrophe, la priorité demeure de garantir un accès continu aux services essentiels dont la population dépend au quotidien, notamment les soins de santé, l’eau potable, les installations sanitaires et la prise en charge des maladies chroniques.
Pour les communautés touchées par les séismes, le parcours vers le rétablissement s’annonce long, mais la Croix-Rouge continuera de les épauler tout au long de l’intervention et du rétablissement, en adaptant son soutien aux priorités locales et aux besoins exprimés par les personnes touchées.
Les personnes qui souhaitent appuyer les efforts humanitaires en cours peuvent faire un don au Fonds de secours : Séismes au Vénézuéla.