La COVID-19 renforce la relation entre le Canada et les Philippines

Par Aldis Brennan
 
Au début de la pandémie de COVID-19, alors que l’on commençait tout juste à entrevoir l’ampleur que prendrait la maladie, les Services de santé de l’Alberta ont commencé à intensifier leur capacité de dépistage. À quelque 10 000 kilomètres de là, en Asie du Sud-Est, la Croix-Rouge philippine en a eu vent.
 
« Le président de la Croix-Rouge philippine a entendu dire dans les médias que le délai d’analyse des tests de dépistage de la COVID-19 en Alberta était plus court que partout ailleurs, explique Kianna Dewart, coordonnatrice de programme, Prévention et contrôle des épidémies pour la Croix-Rouge canadienne. Il nous a donc demandé de lui transmettre certaines de nos connaissances, car son organisation était en train de construire un centre de dépistage et un laboratoire moléculaire. »
 
La Croix-Rouge philippine joue un rôle majeur dans le système de santé du pays. Lorsque la COVID-19 a frappé, elle a pris en charge le dépistage du virus et la communication des résultats à la population. Lorsqu’elle a contacté sa Société sœur canadienne, la Croix-Rouge philippine était en train de construire son treizième laboratoire et cherchait à améliorer ses processus.
Le soutien de la Croix-Rouge canadienne a servi à construire le laboratoire moléculaire et à acheter de l’équipement de dépistage.
Le soutien de la Croix-Rouge canadienne a servi à construire le laboratoire moléculaire et à acheter de l’équipement de dépistage.

Kianna a mis en contact deux bénévoles de la Croix-Rouge philippine qui étudiaient en Colombie-Britannique avec des expert(e)s techniques de l’unité de santé mondiale de la Croix-Rouge canadienne, ainsi qu’avec Jenn McManus, vice-présidente, Alberta et Territoires du Nord-Ouest.
 
Grâce à deux rencontres virtuelles, les bénévoles ont pu découvrir comment l’infrastructure interne, les instruments, l’aménagement du laboratoire et le flux de travail s’harmonisent au processus public de prise de rendez-vous, au dépistage et à l’obtention des résultats en format numérique. Les bénévoles ont pu constater l’efficacité du prélèvement par salive, qui est plus rapide et deux fois moins coûteux que le prélèvement nasal, et ont par la suite fait part de leurs apprentissages à leurs collègues.
 
« On ne se rend pas toujours compte que notre travail au Canada est tout aussi important que nos interventions et notre expertise à l’international, constate Jenn. Notre relation avec les Services de santé de l’Alberta a été si fructueuse que nous avons répondu sans hésitation que nous allions essayer d’aider la Croix-Rouge philippine quand elle nous en a fait la demande. »
 
Quelques semaines plus tard, les bénévoles de la Croix-Rouge philippine ont fait une autre visite, cette fois-ci en Colombie-Britannique et en personne, avec Pat Quealey, vice-président, Colombie-Britannique et Yukon.

Le représentant de la Croix-Rouge canadienne aux Philippines, Mladen Milicevic, à la cérémonie d’inauguration du nouveau laboratoire moléculaire.
Le représentant de la Croix-Rouge canadienne aux Philippines, Mladen Milicevic, à la cérémonie d’inauguration du nouveau laboratoire moléculaire.

« Je trouve que ça a donné une belle visibilité à nos processus et à certains types d’équipement que nos collègues des Philippines ne connaissaient pas, explique Pat. Sur le plan des enquêtes et des techniques épidémiologiques, il y avait évidemment beaucoup de similitudes, mais si l’on se fie aux réactions de nos collègues en découvrant l’aménagement, les processus et certaines innovations du BC Centre for Disease Control, ça leur a été bien utile. »
 
Ce qui a été le plus profitable à la Croix-Rouge philippine est d’en apprendre plus sur la diversité et les points de comparaison de l’équipement de dépistage en place. L’occasion d’observer le fonctionnement de chaque pièce d’équipement lui a permis de prendre des décisions plus éclairées quant à ses prochains investissements, elle qui n’avait pas les moyens d’acheter plusieurs types d’équipement.
 
« Les bénévoles ont aussi eu l’occasion de voir le travail fait par l’équipe responsable de la recherche des contacts, ajoute Pat. Fait intéressant, après leur visite, nous avons offert notre soutien au BC Centre for Disease Control pour la recherche des contacts, et ses responsables ont accepté d’emblée. Nous avons donc recommandé des pratiques exemplaires en matière de centres d’appel et des méthodologies éprouvées dans d’autres régions du Canada. »
 
Le partenariat de longue date entre les deux Sociétés sœurs remonte à 2013, à la suite du passage du typhon Haiyan. La Croix-Rouge canadienne avait envoyé un hôpital mobile aux Philippines, prêté main-forte à plus d’un million de personnes et donné de la formation pour veiller à ce que les effectifs locaux réutilisent l’hôpital en cas d’urgence. À présent, la Société nationale du Canada travaille de concert avec celle des Philippines sur un projet quinquennal pour développer le système de santé dans les régions où l’accès aux soins de santé est le plus difficile.

« Ça m’a touché d’être témoin de cette collaboration en sol canadien, car nous avons plutôt l’habitude de vivre des expériences de la sorte à l’étranger, se réjouit Pat. C’était génial de voir des gens en apprendre plus sur nous sur notre propre territoire. »

Depuis qu’elle a commencé à participer aux efforts de dépistage de la COVID-19, la Croix-Rouge philippine a analysé plus de trois millions d’échantillons dans ses 13 laboratoires moléculaires, ce qui correspond à plus de 25 pour cent de l’ensemble des tests effectués aux Philippines.
 
Grâce à un don de son homologue canadienne, la Croix-Rouge philippine a pu acheter de l’équipement de dépistage pour son laboratoire moléculaire situé à Passi, ainsi qu’un dispositif d’extraction, qui peut être utilisé pour détecter la tuberculose, la dengue, la malaria, l’hépatite, le Zika, le VIH, sans oublier la COVID-19.
 
Avec la seconde vague de COVID-19 qui déferle dans de nombreuses régions d’Asie du Sud-est, dont les Philippines, les partenariats de ce type sont plus que jamais nécessaires. Faites un don au fonds de secours international : COVID-19.

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