Lutter contre l’insécurité alimentaire chez les immigrants noirs grâce à une subvention communautaire

Par Michelle Palansky, conseillère en communications à la Croix-Rouge canadienne
 

Ona Oji a immigré au Canada en janvier 2020. Avec ses deux enfants, Brian et Jasmine, elle s’est installée dans un petit appartement de Winnipeg. La famille n’avait alors aucun équipement d’hiver et ne connaissait rien ni personne dans le quartier.
 
Puis, est arrivée la COVID-19.
 
Puisqu’ils n’avaient pas de vêtements d’hiver, Ona et ses enfants restaient à l’intérieur. Les réserves de nourriture commençaient à s’épuiser et ils n’avaient personne à qui demander de l’aide. Pendant plusieurs mois, la famille a donc dû faire face à l’isolement et à l’insécurité alimentaire, dans un pays qui lui était étranger.
 
C’est là que Grace Kyoon-Achan est entrée en jeu. Grace est vice-présidente de NAMI, la Nigerian Association of Manitoba Incorporated.
 
NAMI (site web en anglais seulement) est un organisme-cadre pour divers groupes sociaux et culturels du Manitoba. L’association favorise le réseautage professionnel, organise des fêtes nigérianes et canadiennes et encourage la collaboration interculturelle.
 Grace Kyoon-Achan
« Avant [la pandémie], notre travail était plutôt d’ordre général; mais maintenant, pour la première fois depuis notre création, nous faisons partie du quotidien de nos membres », nous dit Grace.
 
Au début de la pandémie, beaucoup de confusion et d’incertitude régnaient autour du virus, rappelle-t-elle. « Nos membres se tournaient vers nous, et nous leur répétions les messages de santé publique. Puis, nous avons constaté que les nouveaux immigrants qui occupaient des emplois précaires étaient particulièrement touchés par les règles d’isolement. Du jour au lendemain, leurs heures de travail diminuaient et beaucoup réalisaient qu’ils avaient peu de recours. Certains ont commencé à nous appeler pour nous dire qu’ils n’avaient plus rien à mettre sur la table. »
 
Au départ, l’option de NAMI était de diriger ces personnes vers les banques alimentaires. Toutefois, pour plusieurs familles immigrantes, le contenu des paniers alimentaires était difficile à utiliser. Elles ne savaient pas comment apprêter ce qu’elles recevaient, puisque ce n’était pas adapté à leur réalité culturelle.
 
« Je craignais que les enfants aient le ventre vide, raconte Grace. Je suis d’abord allée moi-même acheter des aliments et j’ai commencé à les distribuer, puis d’autres familles dans le besoin ont communiqué avec moi. Nous [NAMI] ne recevons aucun financement. Nous n’avions pas d’argent. »
 
NAMI est l’un des nombreux organismes à but non lucratif canadien à avoir reçu de l’aide financière dans le cadre du Fonds d’urgence pour l’appui communautaire du gouvernement du Canada.
 
Administrée par la Croix-Rouge canadienne, cette subvention a été salvatrice pour l’organisme. « La subvention communautaire que nous avons reçue était un véritable miracle. Je ne savais pas que ce type de financement était disponible, mais heureusement, quelqu’un nous a suggéré de nous tourner vers la Croix-Rouge pour aider les plus vulnérables », explique Grace.

La subvention a permis à l’organisation d’acheter du riz, des haricots, des ignames, du lait frais et du savon à lessive. De quoi subvenir aux besoins de chaque famille pendant trois semaines.
 enfant qui rit
C’est à ce moment que Grace a fait la connaissance de la famille Oji.
 
Une femme avait contacté l’organisme à la recherche de nourriture. Grace s’est rendue en personne lui livrer un panier, mais pas de réponse... Lorsque la porte s’est enfin entrouverte, Grace a expliqué qu’elle venait livrer des denrées et la mère a fondu en larmes.
 
« Vous êtes la première personne que je vois en six mois », lui a dit Ona.
 
« Pour elle, la nourriture que j’avais apportée, ça valait de l’or. Quelqu’un avait enfin entendu son appel à l’aide. »
 
« Quand nous sommes arrivés ici, nous ne connaissions personne et ne savions pas où se procurer l’essentiel, explique Ona. Puis, j’ai vu le programme sur le site web [de NAMI] et j’ai fait une demande. J’étais tellement heureuse quand j’ai reçu la boîte de denrées. Je ne sais pas comment j’aurais pu prendre soin de mes enfants sans cette aide. »
 
« Nous sommes très reconnaissants de la bienveillance de la population canadienne, ajoute Grace. Tous les jours, des organismes comme la Croix-Rouge pensent aux autres, et votre travail est plus important que jamais. S’il y a bien une chose que la pandémie m’a apprise, c’est l’importance d’aider. La subvention que nous avons reçue a une valeur incalculable. Au nom de toutes les familles que vous avez aidées, merci. »
 
Ce programme a pu voir le jour grâce au généreux soutien du Fonds d’urgence pour l’appui communautaire du gouvernement du Canada.


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