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Terre-Neuve-et-Labrador veut remédier à la violence familiale grâce à des capsules vidéo

Avertissement : Le contenu de cet article pourrait choquer certaines personnes.

Elizabeth (nom fictif) est une survivante.

Elle a subi de la violence émotionnelle, psychologique et physique de la part de son ancien petit ami.

« J’avais l’impression d’être la souris dans le jeu du chat et de la souris », confie-t-elle en parlant des agressions verbales qui ont rapidement dégénéré en violence physique. « Il voulait avoir le contrôle sur moi. Il faisait exprès de me mettre en colère pour pouvoir ensuite me réconforter. »

Ce sont des personnes comme Elizabeth que l’organisme Violence Prevention Avalon East, à Terre-Neuve-et-Labrador, cherche à joindre. Né de l’union d’organismes communautaires et gouvernementaux, il a pour mission d’enrayer la violence dans les foyers et les communautés.

Mais la pandémie de COVID-19 est venue compliquer les choses.

Les bureaux ont fermé, et les rencontres de suivi en personne ont été mises sur la glace. Pendant ce temps, les appels à l’aide ont augmenté de 75 %, et les victimes étaient isolées avec leurs agresseurs.

« J’ai reçu des appels de femmes qui s’étaient cachées dans leur penderie et d’enseignants qui affirmaient que des élèves avec qui ils ont discuté sur Google Meet ont été témoins de nombreux actes de violence à la maison », soutient Valérie Barter, directrice générale de l’organisme.

C’est pour répondre à cette demande croissante que la campagne virtuelle Unsafe at Home (En danger chez soi, en anglais seulement) a été lancée. Cette campagne vise à fournir du soutien aux personnes subissant de la violence familiale et à les aider à repérer les signaux d’alarme. Les personnes qui commettent des agressions peuvent également y trouver des ressources.

Conscient que certaines personnes sont plus interpellées par les supports visuels que les communications papier et que les messages qu’il cherchait à diffuser ne rejoignaient pas celles et ceux à qui ils étaient destinés, l’organisme a voulu adapter ses ressources aux technologies numériques. « Si vous vivez de la violence conjugale, il est plus facile de visionner une vidéo de trois ou quatre minutes qui vous dirigera vers les ressources appropriées et vous renseignera au sujet des signaux d’alarme à surveiller et des actions que vous pouvez entreprendre », explique Mme Barter.

L’une des dix vidéos que Violence Prevention Avalon East entend produire et qui fait la promotion de sa mission a déjà été mise en ligne. Voulant s’assurer de rejoindre un plus large public, l’organisme devra effectuer quelques ajustements, notamment en faisant traduire toutes les vidéos dans trois langues autochtones ainsi qu’en langue des signes. Les vidéos seront également distribuées à quelque 100 fournisseurs de services de Terre-Neuve-et-Labrador.

« Nos services sont offerts à la population de la région d’Eastern Avalon, mais en partageant ces ressources avec nos partenaires communautaires, nous pouvons rejoindre des gens de partout dans la province », affirme Mme Barter.

La Croix-Rouge canadienne finance la suite de ce projet grâce au généreux soutien du Fonds d’urgence pour l’appui communautaire du gouvernement du Canada. Le financement octroyé dans le cadre de ce programme sert à produire les vidéos et à les traduire. Il a également permis l’embauche de deux personnes responsables de la coordination. Des colis réconfort comprenant des produits d’hygiène, des cartes alimentaires et des jouets artisanaux pour enfants ont également été distribués aux personnes dans le besoin.

En tant que survivante de violence familiale, Elizabeth affirme que ces ressources l’auraient grandement aidée.

« Je me serais sentie moins seule et j’aurais été plus attentive aux signaux d’alarme. À ce moment-là, je savais que la situation était anormale, mais j’avais réussi à me convaincre que ça faisait partie des aléas de la vie conjugale. Je me disais que j’allais m’en sortir et que mon conjoint allait changer, ou qu’il allait mettre un terme à ses agissements. Si ces ressources avaient été disponibles il y a deux ans, je n’aurais sans doute pas enduré tout ce qu’il m’a fait subir », affirme-t-elle.

Si votre sécurité est menacée, composez le 911 ou communiquez avec les services d’urgence de votre région. La plupart des provinces et des territoires disposent d’une ligne téléphonique pour aider les victimes d’agression ou de violence familiale.

Votre situation est critique et vous avez besoin d’aide? Textez CONNECT au 686868 pour parler avec une intervenante ou un intervenant de Jeunesse, J'écoute ou communiquez sans frais avec Services de crises du Canada au 1 833 456-4566.

La Croix-Rouge canadienne finance ce projet grâce au généreux soutien du Fonds d’urgence pour l’appui communautaire du gouvernement du Canada.
 
Le programme était offert aux organismes sans but lucratif qui offrent des services aux personnes particulièrement susceptibles de subir les conséquences sanitaires, économiques et sociales de la COVID-19. Consultez le site croixrouge.ca/organismescommunautaires pour en savoir davantage.


 
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