Service d’assistance destiné aux dirigeants des communautés autochtones : Soutenir les communautés isolées à distance

Par Aldis Brennan, Croix-Rouge canadienne
 
Le bras levé, téléphone à la main, Cindy Chapados fait lentement le tour d’un hôtel à Peace River, en Alberta. Sa caméra n’est pas tournée vers elle, mais vers le bâtiment : les chambres, les corridors et les bureaux. Pendant qu’elle parcourt les étages vides, l’appareil lui transmet des questions et des mots d’encouragement.
 
Madame Chapados réalise une visite virtuelle du centre d’isolement pour personnes atteintes de la COVID-19 qu’elle a fait aménager pour les membres des cinq nations qui forment le Conseil tribal Kee Tas Kee Now. À l’autre bout du fil se trouve une équipe de deux spécialistes des interventions d’urgence et des mesures sanitaires de la Croix-Rouge canadienne œuvrant pour le Service d’assistance destiné aux dirigeants des communautés autochtones.  
 
« Nous aménageons un centre d’isolement et de bien-être pour les personnes atteintes de la COVID-19, explique madame Chapados, coordinatrice régionale du Conseil tribal Kee Tas Kee Now. L’objectif est d’offrir un lieu où s’isoler aux membres de notre communauté qui reçoivent un diagnostic positif de la COVID-19, mais qui n’ont pas besoin d’aide médicale. »
 
Cette initiative importante témoigne d’une triste réalité : certaines familles multigénérationnelles habitent dans des logements en mauvais état ou surpeuplés et courent un grand risque de contamination si la maladie se propage dans leur communauté.
 
« Il fallait trouver un endroit où envoyer les malades afin qu’ils ne contaminent pas le reste de leur famille, continue-t-elle. Nous comptons également utiliser le centre d’isolement pour accueillir les personnes immunocompromises ou souffrant d’un problème de santé qui les expose davantage à la COVID-19. Elles pourront s’installer dans une aile distincte de l’hôtel afin de s’éloigner des membres de leur famille qui ont contracté la maladie. »
 
Le conseil tribal avait déjà bien avancé dans ses démarches visant à aménager le centre lorsqu’il a communiqué avec le Service d’assistance. Il était à la recherche de conseils et de soutien, mais ne savait pas trop quelle forme ceux-ci prendraient.
 
« Je me demandais s’ils allaient me donner des ordres, s’ils allaient dire : “Non, ça ne marche pas comme ça.” Mais c’était un réel plaisir de travailler avec eux. Ils m’ont fait sentir en confiance et ont respecté mes décisions. Nous étions un peu comme des amis. Ils n’étaient pas là pour me dire quoi faire. Nous en avons profité pour leur montrer ce que nous avions déjà fait, et ils ont été très impressionnés par certaines de nos idées. C’était donc plus comme un système d’entraide, ce que j’ai adoré. »
 
Après la visite virtuelle, l’équipe du service d’assistance a effectué un suivi pour bien comprendre la situation et le rôle de chaque pièce avant de formuler ses recommandations.
 
« La seule chose que j’ai trouvé un peu plus difficile était la préparation des zones pour mettre et enlever l’EPI, car l’hôtel n’est pas aménagé comme un hôpital. Le service d’assistance nous a donné de bons conseils sur la façon de bien aménager ces zones, d’évaluer le personnel qui entre dans l’établissement et d’utiliser l’EPI de manière optimale. »
 
En somme, l’assistance a pris la forme de plusieurs rencontres, de conversations téléphoniques et de quelques échanges de courriels. Ce service est offert gratuitement aux communautés autochtones grâce à la participation financière du gouvernement du Canada. Madame Chapados estime que ce temps est utilisé à bon escient. Mieux encore, elle sait maintenant vers qui se tourner si elle a besoin d’assistance.
 
« Nous avons brisé la glace et tissé des liens, se réjouit-elle. C’est le plus grand défi à surmonter pour une communauté. Si nous n’avons aucune affinité avec un groupe, nous ne collaborerons pas avec celui-ci. Mais nous avons beaucoup aimé le Service d’assistance. »
 
Maintenant que le centre d’isolement est aménagé, madame Chapados est rassurée de savoir que les cinq nations pour lesquelles elle travaille sont mieux préparées à faire face à la COVID-19 et à d’autres situations d’urgence.
 
« Nous n’avons pas encore eu besoin du centre. Nous redoutons l’arrivée de la COVID-19, mais nous sommes prêts à y faire face. »

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