Un nouveau citoyen canadien redonne à son pays d’accueil

Demandeur d’asile colombien ayant transité par les États-Unis, Juan Andres Espinel affirme que les heures qui ont suivi son arrivée au Canada ont été déterminantes pour lui.

En 2019, Juan a fui la ville de Medellín, en Colombie, dans l’espoir de trouver refuge au Canada. Cette décision qui peut sembler téméraire lui a sauvé la vie.

« J’ai tout laissé derrière moi : mes biens, mes souvenirs, mon emploi, tout ce que je connaissais depuis des années. La seule chose qui m’importait, c’était de rester en vie et d’améliorer mon sort. »

Juan, vêtu d'une chemise, de lunettes et souriant, est assis à son bureau de travailEn mai 2019, Juan s’est présenté au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec, pour demander l’asile. Il a constaté que la Croix-Rouge canadienne y administrait un centre d’hébergement où des personnes dans la même situation que lui pouvaient recevoir de la nourriture, un abri temporaire et des soins de santé de base, en plus d’accéder à des douches.

Il était 3 heures du matin lorsque Juan est arrivé au centre d’hébergement. Épuisé, il a été accueilli par un bénévole de la Croix-Rouge qui portait une flamboyante veste rouge et arborait un grand sourire.

« Il m’a souhaité la bienvenue au Canada et m’a dit que j’étais maintenant un homme libre. Ça m’a beaucoup ému. J’étais sans mots. »

Juan est resté 36 heures au centre d’hébergement, un milieu convivial où des personnes de tous les horizons partageaient leurs histoires et se soutenaient mutuellement. À un moment, Juan a voulu en savoir plus sur la Croix-Rouge. Le bénévole qui l’a accueilli à son arrivée lui a dit qu’un jour, lui aussi pourrait se joindre à l’organisation pour venir en aide à autrui.

« Ces paroles, simples mais puissantes, ont résonné en boucle dans ma tête pendant les deux premiers mois [que j’ai passés au Canada] », se souvient Juan.
 
Après avoir quitté le centre d’hébergement, Juan, qui avait alors le statut de demandeur d’asile, a pris la direction de Toronto. Le processus qui a suivi sa demande a été ardu. En effet, Juan a dû se familiariser avec une procédure et des termes qui lui étaient jusqu’alors inconnus. Il croyait que son expérience et les connaissances qu’il avait acquises pourraient l’aider à renforcer la résilience d’autres personnes dans le besoin.

En parcourant les possibilités de bénévolat sur le site Web de la Croix-Rouge, Juan a découvert le programme First Contact (Premier contact). Actif dans sa ville d’accueil, ce programme vise à fournir aux personnes réfugiées les renseignements et les ressources dont elles ont besoin pour prendre un nouveau départ : hébergement d’urgence, services sociaux et juridiques et soins de santé, notamment.

Voyant que le bureau de Toronto recherchait des bénévoles qui parlent espagnol, Juan a décidé de soumettre sa candidature. « En tant que réfugié, je savais que le rôle pour lequel je postulais était d’une importance capitale », raconte-t-il. En tant que bénévole pour le programme First Contact de Toronto, Juan a contribué à la gestion des dossiers de certains demandeurs d’asile : inscription, soutien dans le cadre du processus de détermination du statut de réfugié, conception d’ateliers en anglais et en espagnol, etc. Il mentionne que l’aide fournie aux demandeurs d’asile varie beaucoup : certains doivent être accompagnés dans la préparation de leur audience, tandis que d’autres ont besoin d’être guidés dans la vie de tous les jours, notamment pour accéder aux transports en commun, aux comptoirs vestimentaires et aux banques alimentaires.

Juan a commencé à faire du bénévolat pour First Contact avant la pandémie de COVID‑19. Le bureau, qui accueillait alors de nombreuses personnes nouvellement arrivées au Canada, était très animé.

« En regardant par la fenêtre, je pouvais voir plein de bagages qui appartenaient à ces personnes venues de partout dans le monde. » Bien que la pandémie et la fermeture des frontières aient forcé une bonne partie de la main-d’œuvre à travailler à distance, Juan continue de recevoir des appels de certaines personnes à qui il est venu en aide.

Il estime que son rôle lui a permis de rehausser la confiance de celles et ceux dont l’avenir était incertain, une aide précieuse dont il a lui-même bénéficié en traversant la frontière canadienne.

Plus tôt cette année, Juan a pris de nouvelles fonctions en devenant répondant pour un hôtel autorisé par le gouvernement où étaient hébergés des voyageurs et voyageuses de retour au pays. Travaillant à la succursale de Toronto, Juan donne un coup de main à ces personnes en leur fournissant des repas et des articles de soins personnels. Il s’assure également du bien-être de celles et ceux qui sont confinés dans leur chambre en communiquant avec eux par téléphone.

Ce nouveau rôle a renforcé le lien qu’il a tissé avec la Croix-Rouge autant que sa volonté de venir en aide à autrui.

« Ça a été une expérience incroyable qui a révélé une nouvelle facette de ma personnalité. Le travail que nous accomplissons est tellement important. En discutant avec d’autres employé(e)s et bénévoles de la Croix-Rouge canadienne, je me suis rendu compte que cette passion est partagée non seulement par les membres de mon équipe, mais aussi par l’ensemble du personnel. »

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