Comment la Croix-Rouge canadienne aide les populations vulnérables au Mali

Par Vanessa Racine, coordonnatrice des médias sociaux

Depuis 2012, des fonds sont accordés par le gouvernement du Canada au projet de la Croix-Rouge canadienne pour appuyer les efforts de la Croix-Rouge malienne et du ministère de la Santé du Mali à offrir des services de santé dans les communautés rurales, en accordant une attention particulière à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Ces services répondent à un besoin urgent, car selon les dernières estimations, le Mali a l’un des taux de mortalité infantile et maternelle les plus élevés au monde.
aide auprès d'une famille
La Croix-Rouge malienne a ainsi atteint plusieurs objectifs avec ce financement. Elle a notamment pu réaliser des interventions efficaces afin de prévenir les maladies et les décès chez les mères, les nouveau-nés et les enfants ainsi que former des agents de santé communautaire pour qu’ils soient en mesure d’évaluer, de traiter et de référer les enfants souffrant de paludisme, de diarrhée, d’infections aiguës des voies respiratoires et de malnutrition. Un autre objectif est de fournir aux agents de santé communautaires des trousses de médicaments essentiels pour favoriser l’accès des communautés à des médicaments qui peuvent sauver des vies, et assurer ainsi un accès à des soins de santé aux communautés situées à plus de 5 kilomètres d’un établissement de santé. Finalement, une formation est donnée aux agents de santé communautaire pour renforcer leurs compétences et leur permettre de fournir des soins de qualité. Les bénévoles de la Croix-Rouge malienne ont aussi bénéficié d’une formation et sont équipés avec des supports de sensibilisation pour mener des activités de communication pour le changement social et de comportement dans leurs communautés.
maman et son enfant
Le projet vise plusieurs résultats, dont un des principaux est de donner un accès à la population rurale à des services de santé offerts à l’échelle locale par des agents de santé communautaire dûment formés, qui peuvent évaluer et traiter les enfants malades. Un autre des résultats principaux est le renforcement des capacités des communautés à prévenir les principales maladies tueuses d’enfants de moins de cinq ans et aussi à arrêter les pratiques culturelles néfastes à la santé des mères, des jeunes filles et des enfants telles que les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, etc.

Dr Jules Zanre, représentant pays de la Croix-Rouge pour le Mali, est sur place depuis 2016 avec une équipe de travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge canadienne pour contribuer à ces efforts. Il est chargé de renforcer le partenariat avec les institutions gouvernementales et d’autres partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de coordonner le développement et la gestion des projets de la Croix-Rouge au Mali et d’assurer le suivi de leur mise en œuvre y compris l’établissement de rapports pour le gouvernement canadien.
 
« Au départ, j’ai décidé de m’engager auprès de la Croix-Rouge à cause de sa mission, qui est de venir en aide aux personnes les plus vulnérables. C’est merveilleux de voir cet organisme apporter des réponses immédiates et adaptées aux besoins des personnes qui sont souvent en extrême vulnérabilité. J’ai une satisfaction personnelle de faire partie de la plus grande organisation humanitaire mondiale, de cette organisation de premiers répondants dans des situations de catastrophes, qui apporte l’assistance aux personnes désespérées, en tout temps et en tout lieu. »
 
Dr Zanre avoue tout de même que la pandémie mondiale de la COVID-19 a énormément changé l’approche dans la mise en œuvre des projets et dans les interactions avec les autres. « Nous avons dû réinventer les approches de nos projets pour respecter les mesures barrières et les mesures de distanciation physique. Nous avons ainsi revu notre interaction avec les communautés en privilégiant les radios, les rencontres en petits groupes de 10 à 15 personnes y compris pour les activités de sensibilisation et une plus grande utilisation d’Internet (Zoom, WhatsApp, Teams, Skype, etc.) pour les formations des agents, les réunions professionnelles, l’établissement de rapports et la collecte des données. »
 
De plus, l’équipe a mis en place des mesures de santé publique additionnelles pour assurer un accès sécuritaire à la clinique en installant des postes de lavage des mains et en organisant des séances d’information. La COVID-19 a également eu un impact sur le sondage auprès des ménages qui devait être réalisé pour évaluer le projet. Puisque ce type de sondage aurait pu augmenter les taux d’infection au sein des communautés, l’équipe a dû mettre au point un plan de rechange consistant à recueillir des données auprès de sources et d’études existantes, puis de compléter ces dernières au moyen d’entrevues téléphoniques avec divers intervenants.
 
Malgré tout, les améliorations dans tous les projets en cours au Mali sont considérables et on peut entendre la fierté dans la voix du Dr Zanre lorsqu’il nous parle des progrès dans ce pays. Il est fier d’être sur le terrain afin de faire rayonner la Croix-Rouge canadienne hors du Canada ainsi que les efforts du gouvernement canadien pour le développement durable. Le projet a également permis aux communautés d’identifier 690 femmes et hommes pour servir de modèles; des formations leur ont été offertes afin de leur montrer comment modifier les attitudes et les pratiques néfastes qui se traduisent par des inégalités entre les genres. Sa plus grande fierté, ce sont les témoignages des femmes et des adolescentes des communautés bénéficiaires qui indiquent à quel point leur vie a changé et s’est améliorée.
 
« Lorsqu’un chef de village témoigne pour dire qu’avant l’arrivée du projet dans son village, il y avait un décès par semaine d’un enfant de moins de 5 ans à cause du paludisme, et que depuis la formation et l’installation d’un agent de santé communautaire dans le village par la Croix-Rouge canadienne, le cimetière est devenu un champ de culture parce qu’il y a très peu de décès d’enfants sur l’année, cela est un grand motif de fierté », ajoute Dr Zanre. 
 

Articles connexes
comments powered by Disqus