La République démocratique du Congo au front contre la COVID-19

Par Vanessa Racine, coordinatrice aux médias sociaux

Lorsque la pandémie de COVID-19 s’est déclenchée, la République démocratique du Congo (RDC) savait quoi faire. C’est l’un des rares avantages de s’être battu contre le virus Ebola.

Depuis bientôt deux ans, cet État de 100 millions d’habitants lutte contre l’une des pires épidémies d’Ebola de l’histoire, une maladie infectieuse qui, comme la COVID, n’a pas de traitement, malgré des avancées importantes. Le virus, qui a fait plus de 2 260 morts au cours de cette seule vague, était heureusement maîtrisé quand la pandémie de COVID-19 a commencé.

Dès la mi-janvier, les points de contrôle sanitaire installés dans les aéroports, les ports et les postes-frontières de cet immense pays — le deuxième plus vaste du continent après l’Algérie — pour éviter la propagation de l’Ebola ont pu être utilisés pour la COVID-19. Des campagnes faisant la promotion des mesures d’hygiène à respecter étaient déjà en cours dans la plupart des provinces — une mesure qui s’applique aux deux virus. Et comme des laboratoires possédaient déjà l’équipement nécessaire, la RDC a été l’un des 20 premiers pays d’Afrique en mesure de dépister la COVID-19.

L’un des grands apprentissages tirés de l’Ebola est l’importance de la santé mentale. « Il faut s’en préoccuper dès que l’épidémie commence », affirme le psychologue Oléa Balayulu Makila, qui travaille au sein de l’équipe gouvernementale chargée de la riposte contre la COVID-19 en RDC.

Pour limiter les séquelles chez les malades et les proches des victimes, bien entendu, mais aussi pour limiter la propagation. L’Ebola, tout comme la COVID-19, suscite dans la population une « peur généralisée » qui peut causer un « déni » de la maladie ou même des « violences » envers les patients et le personnel soignant. « Ces comportements augmentent les risques de contagion », d’où l’importance de s’en préoccuper dès le début, dit le psychologue.

Apporter du soutien psychologique durant une épidémie n’est toutefois pas chose facile. Pensez simplement à la première rencontre, qui doit parfois se faire avec un masque, des gants et une visière… Bonne chance pour bâtir un lien de confiance !

Mais, avec le temps, les intervenants ont trouvé une foule de techniques pour s’adapter à la situation. Ainsi, pour briser la glace lors d’un premier rendez-vous, ils montrent une photo d’eux sans leur équipement de protection individuel, afin que les patients voient qui est l’humain derrière le masque.
Cette astuce, ainsi que tous les apprentissages faits sur le terrain pendant la lutte contre l’Ebola, a été consignée par des chercheurs de la RDC, de la France et du Canada afin de créer un guide gratuit d’intervention psychologique en cas de maladies infectieuses. « Il est adapté à tous les États aux prises avec une épidémie », assure le psychologue.

Le guide est offert gratuitement en ligne afin de le rendre accessible au plus grand nombre d’intervenants possible, à commencer par ceux de la RDC.

Comme bien d’autres pays dans le monde, la République démocratique du Congo manque de ressources pour fournir les services psychologiques dont sa population a besoin. Le guide permet de communiquer rapidement les meilleures pratiques aux intervenants sur le terrain, où la situation est désormais critique.

Car, après quelques mois d’accalmie, un nouveau foyer d’infection à virus Ebola a éclaté en juin. Le pays doit donc affronter une double épidémie, avec plus de 5 600 cas officiels de COVID-19. Appliquer les leçons apprises des épidémies passées est plus urgent que jamais.

Il existe des branches de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans toute l'Afrique et toutes sont prêtes à intervenir en cas de crise, comme durant cette pandémie mondiale de la COVID-19. Comme dans toute autre crise, les bénévoles sont en première ligne. Mais cette fois, les risques sont différents. Ils doivent soutenir la population confrontée à la pandémie, tout en veillant à ce que les équipes n'en soient pas elles aussi victimes. Toutes les méthodes de travail des équipes doivent être révisées et adaptées à la nouvelle normalité du contexte de la COVID-19. Pour en savoir plus sur notre réponse à la COVID-19 en Afrique
 
De plus, comme certaines des activités telles que la sensibilisation de la communauté, les messages d'hygiène et l'amélioration des mesures de prévention et de contrôle des infections sont applicables à la fois à l’Ebola et à la COVID-19, apprenez ici comment le soutien du Canada et de la Croix-Rouge canadienne pendant l’Ebola a contribué à renforcer notre capacité de réponse à la COVID-19.

 
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