Aller au contenu
 

Vivre son deuil malgré la pandémie

Par Melanie MacDonald, Croix-Rouge canadienne

Pandémie ou non, le deuil d’un être cher est sans aucun doute l’un des événements les plus difficiles à vivre.

Surmonter un deuil est toujours éprouvant, mais encore plus lorsqu’on le vit seul, sans la présence d’un ami ou d’un proche. J’ai appris récemment qu’une amie avait perdu son père, et le fait de ne pouvoir l’épauler en personne a suscité chez moi un profond sentiment d’impuissance. Elle est âgée, vit seule et n’a aucune famille dans la région. Alors qu’il aurait été tellement crucial de pouvoir la serrer dans mes bras, suivre les consignes de distanciation physique m’a fait ressentir un étrange sentiment de perte.

Difficile de remplacer un câlin ou une promenade entre amies, mais j’ai voulu explorer de nouvelles possibilités qui nous permettraient de maintenir le lien, en toute sécurité.

Ayant moi-même vécu un important changement dans ma vie récemment, je savais que je devais rester prudente pour éviter un épuisement. J’ai commencé par suivre le programme de Premiers secours psychologiques de la Croix-Rouge canadienne. Le programme offre des cours en ligne et même un guide pratique imprimable.

Prendre soin de soi est un des aspects essentiels des premiers secours psychologiques. Je savais que je devais revoir mon plan de bien-être personnel si je voulais aider mon amie à en faire autant ou à faire appel à des ressources spécialisées.

Le programme de premiers secours psychologiques utilise le cycle « Observer, Écouter, Accompagner, Vivre ».

S’il y a bien une chose que j’ai apprise (et que je ne maîtrise pas encore), c’est qu’en situation difficile, il faut toujours mettre son masque à oxygène en premier et faire le point sur son état. Il faut observer les nombreux signes, comme la difficulté à se concentrer, la consommation accrue d’alcool ou de drogues et le repli sur soi.

Il est également essentiel de s’écouter. Êtes-vous fatigué même si vous dormez assez? Ressentez-vous de l’anxiété ou êtes-vous plus irritable que d’habitude? Vous sentez-vous de plus en plus critique, cynique ou désintéressé?

S’accompagner d’un réseau de soutien est aussi important. En pratiquant les activités bénéfiques qui sont à votre portée (écouter de la musique, faire du yoga, faire des exercices de respiration), vous deviendrez votre propre système de soutien! Vos proches, votre communauté et vos activités culturelles sont également des réseaux de soutien importants et vous devriez y faire appel régulièrement pour maintenir l’équilibre.

Vivre, c’est l’étape qui permet de retrouver son bien-être personnel et de renforcer sa résilience. Voici quelques stratégies à essayer : prendre des pauses, établir des attentes réalistes au travail, garder de saines habitudes, adopter des techniques de gestion du stress et demander de l’aide au besoin.

De mon côté, reconnecter avec mon plan de bien-être m’a aidée à me sentir plus en contrôle de mes émotions, à établir des limites saines et à me concentrer sur mon propre bien-être tout en offrant du soutien à mon amie. J’ai ensuite mis à la disposition de mon amie un ancien iPad pour lui permettre d’accéder à des ressources virtuelles en santé mentale et de garder contact avec les membres de son réseau. Elle peut maintenant communiquer par vidéo avec sa famille et ses proches. Ensuite, j’ai libéré mon esprit créatif (mon moyen de prédilection pour évacuer mon stress!) et décidé de fabriquer des cartes, de cuisiner et de nous préparer un panier de produits pour se dorloter — un pour elle et un pour moi — qui nous aidera à traverser les jours et les semaines à venir.
 
Sur le même sujet :
La santé mentale au temps de la COVID-19
Conseils pour les familles en isolement volontaire en raison de la COVID-19
 
 
comments powered by Disqus