Billet écrit par Yassen Atallah, membre du Comité consultatif jeunesse

Le 25 août 2019 marquera deux ans depuis le début des vastes mouvements de population vers le Bangladesh.  Depuis 2017, plus de 700 000 personnes ont fui la violence dans l’État de Rakhine, dans le nord du Myanmar, pour se réfugier au Bangladesh. Malgré la présence de nombreux bénévoles et employés locaux sur le terrain, l’intervention compte aussi sur le soutien de plusieurs travailleurs humanitaires venant d’ailleurs dans le monde, comme Norine Naguib de la Croix-Rouge canadienne.

Coordonnatrice terrain au Bangladesh, Norine a rejoint les rangs de la Croix-Rouge canadienne pour un stage dans le cadre duquel elle explorait les archives internationales afin de découvrir la riche histoire de l’organisme. Près de sept ans plus tard, Norine est maintenant représentante-pays de la Croix-Rouge canadienne pour les opérations en réponse aux mouvements de populations au Bangladesh.

Norice avec un bénévole du Croissant-Rouge du BangladeshLa travailleuse humanitaire explique que le rôle qu’elle et son équipe jouent au Bangladesh consiste à « fournir des soins de santé primaires aux populations déplacées. Nous nous efforçons toujours d’améliorer la qualité des services médicaux que nous offrons dans les camps et d’aider le plus de gens possible. » Norine se fait également un devoir d’accroître la diversité, la qualité et la quantité des ressources utilisées afin de s’assurer qu’elles répondent réellement aux besoins les plus criants sur le terrain. « Lorsque nous avons recruté une médecin dans notre équipe, les femmes se sont empressées d’aller la consulter », explique-t-elle.

Une grande part du travail de Norine réside dans la collaboration avec le Croissant-Rouge du Bangladesh et la coordination entre la Croix-Rouge canadienne et les autres Sociétés de la Croix-Rouge présentes au pays, ainsi que les différents acteurs humanitaires sur le terrain.

En réponse aux mouvements de population au Bangladesh, la Croix-Rouge canadienne s’est impliquée aux camps de Cox’s Bazar dès octobre 2017. La densité de population dans les camps est extrêmement élevée : l’espace moyen par personne est de 24 mètres carrés, nombre qui chute à 10 dans les endroits les plus densément peuplés. Ces conditions sont loin de satisfaire aux normes internationales.
Ces deux dernières années, la situation dans les camps s’est somme toute stabilisée malgré le nombre élevé de personnes qui y vivent. Cependant, la mousson et des incendies récurrents mettent en lumière la sécurité précaire des camps de bambou.

Bien que la coordination entre les organismes humanitaires — qui comprend la collecte et la diffusion de données — se soit améliorée avec le temps, certaines difficultés persistent. Alors qu’aucune solution permanente à la crise ne semble se dessiner à l’horizon, les opinions divergent entre les groupes humanitaires quant à la suite de l’intervention.

Pour sa part, Norine souligne la nécessité de laisser place au Croissant-Rouge du Bangladesh dans la prise de décisions, étant donné qu’il s’agira du dernier organisme sur le terrain une fois que les autres acteurs humanitaires quitteront peu à peu le pays.

Même si l’intervention s’avère difficile, Norine prend plaisir à soutenir et à motiver son équipe dévouée. En pensant à la fin de sa mission, elle espère laisser derrière elle « une équipe médicale confiante, positive et efficace. Mes collègues peuvent être fiers des services qu’ils continuent à offrir aux plus vulnérables. Les fruits de notre travail se feront sentir longtemps après notre départ. »

Sur le même sujet :   Yassen Atallah est candidat à la maîtrise à la Norman Paterson School of International Affairs en Affaires internationales et se spécialise dans les organismes internationaux et les politiques publiques mondiales. Il a récemment terminé son baccalauréat en relations internationales à l’Université de la Colombie-Britannique.