La vie sur une île pendant une catastrophe

Par Tetiana Psaras, bénévole virtuelle, Croix-Rouge canadienne

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblait la vie sur une île? Pour moi et les 2 360 habitants de l’île de Grand Manan, au Nouveau-Brunswick, cette vie est notre quotidien.

Grand Manan, une communauté de pêcheurs situé dans la Baie de Fundy, est uniquement accessible par traversier ou par voie aérienne. La vie sur l’île ne serait pas possible sans le traversier, car tous les produits de consommation de notre communauté provient du continent. De nombreux habitants prennent quotidiennement le traversier pour magasiner, par affaires ou pour se rendre à leurs rendez-vous médicaux.

Lorsqu’on vit dans une communauté isolée, on n’a pas le choix de se serrer les coudes, et plusieurs d’entre nous portent différents chapeaux. Chez nous, la règle de survie est d’aider ses voisins, ses amis et sa famille. 

Le seul service d’incendie de l’île a indiqué que les 28 membres de son équipe étaient des pompiers volontaires, et 75 % d’entre eux détiennent un certificat de premiers répondants. Le service d’urgence le plus proche offrant des services spécialisés est situé sur le continent, et il faut une heure et demie pour s’y rendre, même dans les meilleures conditions. Ici, les pompiers doivent utiliser tous les outils à leur disposition pour aider la communauté.

Dans une petite communauté comme la bnôtre, tout le monde se connaît. Les répondants nous ont déjà confié que lorsqu’ils reçoivent un appel pour un incendie, la première question qui leur passe pas la tête n’est pas « où est l’incendie? », mais bien « chez qui est l’incendie? ». L’un des pompiers m’a dit que : « Nous sommes chanceux d’avoir le soutien de la communauté et du conseil du village, et nous leur en sommes reconnaissants. Nous sommes un groupe tissé serré et quand une personne se joint à notre équipe, elle devient un membre à part entière de la famille. Nous partageons : les moments de joie tout comme les moments de tristesse ».

L’équipe de pompiers a l’habitude d’annuler ses plans de voyage et ses rendez-vous médicaux à la dernière minute pour assurer aux habitants de l’île l’accès aux soins dont ils ont besoin, et il n’est pas rare de les croiser sur la route alors qu’ils répondent à une urgence.

La plupart des situations d’urgence auxquelles l’île de Grand Manan est confrontée sont d’ordre météorologiques. Des tempêtes de neige, du brouillard épais ou des ouragans s’abattent souvent sur l’île. Les urgences non liées à la météo sont habituellement des incendies résidentiels, des accidents de la route ou des incidents de navigation. J’ai remarqué que le fait de vivre dans une communauté aussi isolée crée un sentiment d’urgence différent, et exarcerbe la nécessité d’être prêt(e) à toute éventualité. De nombreuses résidences sont munies de génératrices de secours en cas de pannes de courant ou se chauffent au bois pendant l’hiver. Étant donné que l’approvisionnement en eau de la communauté provient de puits, notre accès à l’eau est généralement interrompu pendant les pannes. C’est pourquoi de nombreuses familles se font des réserves d’eau potable et d’eau utilisée pour les tâches quotidiennes comme nettoyer la vaisselle et faire sa toilette.

J’ai demandé à mes voisins comment ils se préparent aux situations d’urgence et j’ai découvert que la plupart des conseils de préparation qu’ils suivent sont sensiblement les mêmes qu’ailleurs au Canada, à quelques exceptions près. Voici à quoi ressemble la liste de préparation aux urgence des résidents de notre île isolée :
  • un extincteur;
  • une trousse de premiers soins et des médicaments d’ordonnance;
  • des lampes de poche, des piles de rechange, une hache et des allumettes hydrofuges;
  • de la nourriture pour les animaux de compagnie;
  • une pelle, un grattoir et du lave-glace;
  • des réserves d’eau; certaines personnes remplissent leur baignoire quelques heures avant l’arrivée d’une tempête;
  • des sources de chaleur alternatives, des couvertures et des sacs de couchage;
  • un appareil de chauffage portatif au propane et un réchaud de camping;
  • une radio VHF portable;
  • des bidons à essence remplis;
  • ils s’assurent également que le réservoir de leur voiture est plein;
  • des denrées non périssables;
  • les sardines Brunswick et les collations comme les « croustilles tempêtes » sont populaires
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