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La COVID-19, une menace sérieuse pour les personnes en zones de conflit

Par Karyn Stone

Alors que le Canada et le reste du monde se débattent dans la gestion de la crise sanitaire publique actuelle, la COVID-19 représente un danger supplémentaire pour les personnes qui vivent dans des régions en proie à des conflits. Non seulement sont-elles exposées au risque de blessures par balle ou explosion, mais elles ne peuvent pas toujours compter sur l’accès aux soins médicaux nécessaires en raison des systèmes de soins de santé défaillants qui subissent eux aussi les effets destructeurs des combats.
 
Red Cross workers perform surgery in a Iraq hospitalCertaines choses que beaucoup de personnes tiennent pour acquises, comme l’hygiène de base, font défaut en situation de conflit. Par exemple, avoir accès à de l’eau et du savon est un luxe pour beaucoup et cette situation contribue à la propagation des maladies. Dans les zones de guerre, les centres de détention sont souvent surpeuplés et deviennent des lieux propices à l’éclosion de maladies et d’épidémies, y compris la COVID-19. Les personnes vivant dans des camps de personnes déplacées sont également particulièrement vulnérables en raison du surpeuplement, de l’absence de ventilation et du manque de produits d’hygiène adéquats. La distanciation physique n’est tout simplement pas possible dans un camp de réfugiés ou de personnes déplacées.
 
Les besoins découlant de la pandémie exercent une pression intense sur les systèmes de santé mondiaux, même dans les pays où les infrastructures de santé sont solides et qui ne sont pas en situation de guerre. Les hôpitaux situés dans les zones de guerre sont déjà confrontés aux énormes besoins des communautés qu’ils desservent et certains font même l’objet d’attaques. Si on y ajoute les besoins des populations touchées par la COVID-19, alors les systèmes de santé situés en zones de conflit ne seront pas en mesure de répondre à la demande.

Le droit international humanitaire (DIH), un ensemble de règles visant à limiter les souffrances et à protéger les personnes en temps de guerre, protège les victimes de guerres. Ces règles deviennent particulièrement importantes en cas de pandémie mondiale comme la COVID-19.
 
En vertu du DIH, les établissements médicaux et les travailleurs de la santé bénéficient de protections spéciales. En outre, les parties à un conflit sont tenues de s’assurer que les populations sous leur contrôle peuvent accéder à des services médicaux de base et que leurs besoins fondamentaux sont satisfaits. Les organismes humanitaires impartiaux comme les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge peuvent offrir leurs services, notamment en installant des hôpitaux ou des cliniques mobiles pour prendre en charge les personnes touchées par la COVID-19, et les parties au conflit doivent permettre l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations vulnérables.
 
Les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur d’un pays sont particulièrement vulnérables aux effets de la COVID-19 en raison de leurs conditions de vie difficiles, des risques encourus lors de leurs déplacements et de l’absence de services de base comme les infrastructures d’assainissement. En vertu des règles du DIH, des mesures doivent être prises pour assurer l’accès des populations déplacées à un abri, à de la nourriture, à de l’eau, à des soins de santé et au nécessaire en matière d’hygiène.
 
Les personnes détenues sont aussi protégées par le DIH, qui dicte que leurs besoins en santé et en sécurité doivent être comblés. Ainsi, un détenu ayant contracté le virus a le droit de recevoir des soins, et des efforts doivent être déployés pour prévenir la propagation de la maladie, par exemple par la distribution d’articles d’hygiène et autres mesures.
 
Les parties à un conflit ont le devoir de se conformer aux règles du DIH en tout temps. Cependant, dans le contexte de la pandémie, ces règles redoublent d’importance. Se conformer au DIH permettra de réduire les souffrances humaines pendant cette pandémie mondiale. C’est pourquoi les parties aux conflits se doivent de protéger l’accès aux soins de santé et les civils, y compris ceux qui ont été déplacés par les guerres.

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