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Santé mentale pendant la pandémie : l’importance de remonter le moral des personnes âgées

Billet de Alyson Gourley-Cramer

Peter a grandi à Terre-Neuve dans une grande famille où il était rarement laissé à lui-même. Son sens de l’humour et sa vivacité d’esprit sont toujours aussi pétillants à 87 ans, et vous ne le verrez jamais refuser une bonne partie de cartes. Peter a cinq enfants d’âge adulte qui vivent près de lui et occupent une très grande place dans sa vie. Il est doué pour approcher les gens et il se sert de ce talent pour aider les nouveaux venus à s’intégrer au voisinage et pour embellir le quotidien de tous ceux qu’il croise.

Peter a grandi à Terre-Neuve dans une grande famille où il était rarement laissé à lui-même.Bien des choses ont changé pour Peter depuis que la Colombie-Britannique s’est mise en quarantaine pour enrayer la pandémie de COVID-19. Il s’est retrouvé complètement seul chez lui pendant des semaines à se demander quand les mesures d’isolement seraient levées. Sa santé en a beaucoup souffert, autant sur le plan physique que mental. Pour compenser la perte récente de son chat, Peter multiplie les échanges avec sa famille élargie sur Internet.

« Ce qui s’est passé est assez curieux, explique sa fille, Phyllis. Pendant ces semaines d’isolement, nous avons passé encore plus de temps qu’à l’habitude à discuter en ligne avec mon père. Nous avons organisé des parties de cartes sur Zoom, des discussions avec des proches à l’autre bout du pays, des appels avec les petits-enfants, des repas et des livraisons de lettre et de pâtisseries. Aujourd’hui, nous savons que ces échanges étaient insuffisants. »

« Ces appels d’une heure ne laissaient rien entrevoir de ce que vivait mon père. »

En réalité, après cinq semaines d’isolement, Peter commençait à souffrir de pertes de mémoire. Il se fiait à l’horaire télé pour connaître l’heure et ne savait plus quel jour de la semaine il était. Lentement, un sentiment de désespoir a commencé à peser sur lui.

 « La solitude est une chose étrange. Elle se vit parfois très mal, se souvient-il. J’ai traversé bien des épreuves dans ma vie, mais rien qui ne se rapproche de cette expérience. Elle a pris le contrôle de mon esprit, de mes pensées, de mes peurs. J’ai commencé à me demander si je voulais vraiment rester seul pendant le peu de temps qu’il me reste sur cette terre. »

Enfin, un accident inquiétant a poussé Peter à communiquer avec Phyllis et son mari, James, qui l’ont invité à venir habiter chez eux. À son arrivée, ils ont été choqués de voir à quel point la santé physique et mentale de Peter s’était détériorée.

« Je n’en croyais pas mes yeux, se rappelle Phyllis. Son apparence et son état mental étaient tout autres. Ce n’était plus la personne pleine de vie que je connaissais. »

Ces événements remontent à trois semaines. Il a fallu trois jours de marches régulières dans le voisinage, de repas sains à des heures fixes, de participation aux tâches ménagères et de temps passé en compagnie de Phyllis, James et leur chien pour que Peter retrouve ses esprits.

Depuis, les enfants de Peter ont élaboré un plan pour s’assurer que leur père reprendra plus ou moins ses bonnes habitudes d’autrefois avant de retourner vivre à son appartement. Cette initiative est particulièrement importante à mesure que l’on assouplit les mesures d’isolement et que les gens recommencent à se voir. Les relations interpersonnelles seront d’une importance capitale pour garantir la réussite de ce plan.

« Je retourne vivre chez moi, explique Peter, mais je pourrai faire des commissions avec ma fille, aller à la plage avec mes petits-enfants, prendre un café avec des amis et profiter du moment présent, tout en étant prudent de ne pas tomber malade. »

« Si cela se reproduit, je serai plus à l’écoute de ce qui se passe chez moi. »

Phyllis encourage toutes les adultes à discuter avec leurs parents pour s’informer de leur santé mentale et de leur bien-être pendant la pandémie. Le sujet n’est peut-être pas facile à aborder, mais c’est à la famille d’élaborer un plan qui aidera tout le monde à mieux vivre le déconfinement graduel tout en minimisant les risques de propager la COVID-19.

« Nous ne sommes pas des experts en la matière, mais cette expérience a aidé notre famille à reconnaître certains facteurs clés à ne pas négliger pour demeurer en bonne santé physique et mentale. C’est d’autant plus important maintenant que la société commence à se relever de la pandémie. »

Malgré les risques qui y sont associés, la multiplication des déplacements, l’augmentation du degré d’autonomie et la reprise des activités sociales offrent de nombreux avantages. En redoublant de patience et de prudence, nous pourrons graduellement remplacer les interactions en ligne par des échanges en personne d’une valeur inestimable, que ce soit avec notre famille, nos amis ou ce voisin qui a le don d’embellir notre journée.

Appels amicaux dans votre collectivité 

À la demande du gouvernement du Québec, la Croix-Rouge effectue des appels amicaux pour briser l’isolement social et pour s’assurer que les personnes en isolement connaissent les ressources disponibles pouvant répondre à leurs besoins. Ces services humanitaires sont offerts aux personnes de tout âge et sont complémentaires aux services gouvernementaux. Pour vous inscrire au service d’appels amicaux au Québec, nous vous invitons à composer le 1 800 863-6582.

Pour connaître les services en lien avec la COVID-19 offerts dans votre région, nous vous invitons à visiter la page de votre collectivité. Et pour les derniers conseils et informations sur nos services en réponse à la pandémie, consultez notre page de ressources sur la COVID-19.
 
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