Récit d'Isabelle Paquette, bénévole en communications à la Croix-Rouge canadienne

Carmen-et-famille_Tornade-Gatineau_2018_460-min-(2).jpgJ’avais remarqué Bertrand, Carmen et leur charmante Maggie (OK, surtout Maggie) dès mon arrivée au Centre. À quelques mètres du banc où ils ont élu domicile, la signalisation indique que les chiens ne sont pas autorisés au-delà des portes. J’en comprends qu’il est hors de question pour eux de se séparer de leur bien-aimée poméranienne.

J’attends patiemment mon tour pour interpeller Carmen. Tous les passants s’arrêtent pour la saluer, prendre des nouvelles d’elle et de son mari. Quand j’ai enfin l’occasion de m’asseoir à ses côtés, j’ai à peine le temps de me présenter qu’elle me dit d’emblée : « Je veux que vous sachiez que l’on est vraiment bien traités ici. On se sent en famille, en sécurité. Tous les intervenants, la Croix-Rouge et ses partenaires, font un travail extraordinaire. »

maggie.jpgAprès l’avoir remercié pour ses bons mots, je lui demande si elle accepterait de reprendre l’histoire du début. Elle commence en me disant qu’elle n’avait aucune idée qu’une tornade s’approchait, car lorsqu’elle travaille, elle n’a pas son cellulaire sous la main. (Carmen est associée chez Walmart depuis près de 10 ans) Elle m’avoue avoir eu très peur lors de son retour à la maison.

Alors qu’elle me raconte son expérience, elle sort son téléphone pour me montrer des photos. Les clichés sont flous. « J’étais sur le gros nerf, » me dit-elle. À constater l’état de sa voiture, de son immeuble et de sa cour, on comprend facilement l’état de choc de Carmen. Elle remercie encore le bon Dieu d’être en vie et souligne que chez elle, seuls  « un ange et la Sainte Vierge  n’ont pas bougé. »

Bertrand et Carmen sont bien au fait des services offerts par la Croix-Rouge. En décembre 2006, ils ont vécu un gros incendie dans l’immeuble qu’ils habitent depuis une vingtaine d’années – le même qui a été frappé par la tornade du 21 septembre dernier. La tristesse laisse place aux rires alors qu’elle me raconte sa première évacuation en jaquette, sans dents et sans lunettes. Puis, elle revient au moment présent et insiste une dernière fois : « Je veux qu’on le dise, on est bien traités. Ils [les bénévoles] font un travail énorme. Je n’ai que des félicitations pour tous les intervenants qui sont ici. Ça nous a évité le pire. »

L’heure du souper viendra mettre fin à nos échanges. Je serre Carmen dans mes bras, puis je caresse Maggie une dernière fois. C’est à ce moment que Carmen me dit : « tu peux y aller, je te le prête! » Je fais alors l’accolade à Bertrand qui s’est levé de son fauteuil pour l’occasion.

Je repars le cœur rempli d’admiration pour ces personnes sinistrées qui font preuve d’une résilience incroyable et qui gardent le sourire en dépit de la situation. Je pense aussi aux bénévoles qui sont à pied d’œuvre depuis près de deux semaines. Carmen a raison, ils sont une réelle source d’inspiration.  

Pour en savoir plus sur l'intervention de le Croix-Rouge, visitez notre page Tornade en Outaouais