On se souvient du déluge du Saguenay, il y a 25 ans

Il y a 25 ans, au cours de la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juillet 1996, des pluies diluviennes déclenchent des inondations au Saguenay-Lac-Saint-Jean, menaçant la région entière et provoquant l’une des plus vastes opérations d’évacuation de l’histoire du Québec. Des milliers de personnes, démunies face à la tragédie, bravent les flots torrentiels qui emportent tout.

Vue aérienne des dégâts causés par le déluge du Saguenay
Photo : Jean Maurice Genest, BAnQ
 
À la demande des autorités locales et du gouvernement du Québec, la Croix-Rouge met alors en place la plus importante intervention de son histoire. Malgré les incertitudes et le stress émotionnel des évacués, les bénévoles de la Croix-Rouge leur procurent une sécurité et l’aide essentielle dont ils ont besoin pour surmonter cette épreuve.
  • 18 880 personnes, soit 9609 familles, ont reçu l’assistance de la Croix-Rouge dans 17 municipalités.
  • 1700 bénévoles ont été mobilisés pour porter assistance aux personnes sinistrées
  • 25 000 lits, couvertures et trousses de soins personnels
  • Une opération qui s’est échelonnée sur 13 ans
Équipe de la Croix-Rouge qui assiste des personnes sinistrées à la suite du déluge du Saguenay
Photo : Centre d’imagerie interarmées des Forces Canadienne (CIIFC)
Défense Nationale / Gouvernement du Canada

Membre de la Croix-Rouge en discussion avec d'autres intervenants dans un camp pour les personnes sinistrées
Photo : Jean Maurice Genest, BAnQ

Une employée et un bénévole de la Croix-Rouge se souviennent avec émotions de cette intervention qui les a marqués.

Claudie Laberge devant une voiture de la Croix-Rouge« Dans la nuit du 19 au 20 juillet, j’ai réalisé que ma vie allait changer pour plusieurs mois. J’étais au centre d’accueil et d’information pour les personnes sinistrées de Ville de La Baie avec une douzaine de bénévoles d’où nous avions une vue spectaculaire sur la Baie des Ha! Ha! Au lever du soleil, nous regardions incrédules l’envergure des dégâts : des toits de maisons, des galeries, des roulottes de camping, des arbres et des voitures sortaient de l’embouchure de la rivière. C’était incroyable. Il a fallu se ressaisir pour poursuivre notre travail et réconforter les sinistrés qui étaient présents. »

« L’une des leçons que je retiens de cette crise, c’est l’importance d’être prêt et de bien planifier. La soixantaine de bénévoles que nous avions au Saguenay à l’époque était formée et avait fait des exercices. Le plan d’opération du bureau de Chicoutimi prévoyait un site d’opération alternatif avec une entente avec un hôtel. Nous l’avons utilisé. Nous avions aussi des coffres d’intervention prêts à être déployés, ça nous a servi! »

  Claudie Laberge, directrice principale des programmes de la gestion des urgences



Joël Vaillancourt, bénévole en intervention et au secourisme
« Au moment du déluge, j’étais bénévole à la Croix-Rouge depuis un an. Dans les toutes premières heures, j’ai été déployé au pavillon sportif de l’Université du Québec à Chicoutimi pour y installer des dortoirs d’urgence et préparer l’accueil des gens touchés par la catastrophe.
 
L’arrivée des premières personnes sinistrées en autobus a été un moment marquant. Ils étaient plus d’une cinquantaine d’un coup. C’est à ce moment que je me suis rendu compte de l’ampleur de la situation.
 
Certaines personnes étaient en détresse et avaient besoin d’être rassurées. Comme c’est dans ma nature d’essayer de faire rire, j’essayais de leur changer les idées.
 
La beauté du déluge, c’est tous ces gens qui se sont unis pour s’entraider sans se connaître et dans un désintéressement total. Ça représente bien les principes fondamentaux de la Croix-Rouge.»

Joël Vaillancourt, bénévole en intervention et au secourisme

 

Le mot de la fin

« Je remercie sincèrement les bénévoles qui ont répondu présents dès les premiers moments ainsi que tous ceux qui se sont joints par la suite pour poursuivre nos services. Leur engagement et leur travail sans relâche sont gravés dans ma mémoire à jamais. Un merci sincère aussi à mes collègues de travail du bureau de Chicoutimi sans qui nous n’aurions jamais pu y arriver. »

Claudie Laberge
 

 
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