Apprendre pour survivre : comment Minara aide sa famille et sa communauté

« Apprendre à coudre a été une bénédiction pour ma communauté et moi », se rappelle avec émotion Minara Begum, une résidente du camp 5. 

Minara vit dans le camp en compagnie de sa mère, Siru et de son père, Syed. Ils dépendent de l’assistance humanitaire fournie par différents organismes aux personnes qui ont fui les violences qui sévissaient dans l’État de Rakhine au Myanmar. La famille est arrivée au Bangladesh le 25 aout 2017 en même temps que des milliers d’autres demandeurs d’asile.

Même si le père de Minara souffre d’une maladie en phase terminale et n’est pas en mesure de travailler, il s’opposait à ce que Minara et sa mère se trouvent un emploi. Minara et sa mère sont donc restées à la maison et se sont résignées à leur sort. Minara avait l’habitude de préparer le repas et d’effectuer d’autres tâches pour aider sa mère.

« Étant donné que nous étions deux pour faire les corvées domestiques, nous n’avions besoin que d’une ou deux heures pour finir le travail et nous avions très souvent beaucoup de temps libre. Puisque mon père ne voulait pas que je travaille à l’extérieur, je ne pouvais rien faire d’autre, même si nous avions besoin d’argent, raconte Minara ».

Un jour, une bénévole du Croissant-Rouge du Bangladesh qui se rend régulièrement dans la section du camp où Minara et sa famille habitent a suggéré à cette dernière et à sa mère de visiter le centre communautaire géré par le Croissant-Rouge et la Croix-Rouge canadienne. Cette bénévole leur a assuré que le centre était totalement sécuritaire et adapté aux femmes et que Minara pourrait y rencontrer d’autres femmes de la communauté.

Femmes voilées qui apprennent à coudre autour d'une table avec une bénévole de la Croix-Rouge.
Minara en train de coudre des masques dans l’espace communautaire
photo : Imtiaz Sarwar/BGP/BDRCS.


Avec cette assurance, Minara et sa mère se sont rendues au centre. Elles ont pu constater que les femmes de la communauté y apprenaient différentes compétences. Épatée, Minara a demandé à la formatrice de lui apprendre à faire du crochet. Très vite, Minara a maîtrisé la technique et a commencé à fabriquer des bonnets de prière traditionnels pour les hommes. Elle a aussi commencé à apprendre la couture et elle s’est progressivement mise à créer ses propres patrons et vêtements. Cependant, lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé, toutes ces activités ont été interrompues en raison du confinement.

Au bout de quelques mois, la demande en masques en tissu réutilisables a  augmenté en raison du prix élevé des masques chirurgicaux pour la communauté.

À l’aide de quelques machines à coudre et d’un peu d’argent investi par d’autres réfugiés, Minara et d’autres couturières ont créé une petite entreprise de fabrication de masques réutilisables. De nombreuses femmes ayant des compétences en couture ont ainsi pu tirer des revenus de cette activité, tout en permettant à l’ensemble de la communauté de réaliser d’importantes économies puisque les masques sont durables et réutilisables.

« Je suis reconnaissante envers la Croix-Rouge* qui m’a donné l’occasion d’acquérir des connaissances et de les mettre en pratique, témoigne Minara. La couture en particulier me permet non seulement de gagner ma vie, mais également de contribuer à protéger les membres de la communauté grâce aux masques essentiels que je confectionne. J’ai pu améliorer ma situation financière tout en servant ma communauté.»

* Au Myanmar, la Société Nationale est connue sous le nom de Croix-Rouge du Myanmar. C’est pourquoi les ressortissants de ce pays connaissent le Mouvement sous le nom de « Croix-Rouge ». Le Croissant-Rouge du Bangladesh, quant à lui, utilise l’emblème et le nom Croissant-Rouge.

 
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