Michelle Palansky

*Remarque : L’anonymat des protagonistes de cette histoire a été préservé afin de protéger les membres de leurs familles restés au Congo.

Une rencontre fortuite lors d’une fête a changé la vie de G. à jamais. Le conflit armé et le chaos régnant au Congo avaient déchiré sa famille et entraîné de longues années de séparation et de recherches. Après une décennie d’incertitude, le voile se levait enfin sur le sort des siens.

G. était de passage à Gatineau pour rendre visite à la famille qui l’a accueillie à son arrivée comme réfugiée au Canada, après avoir fui la République démocratique du Congo. Lors d’une fête organisée chez cette famille, on lui a présenté une femme qui était aussi originaire de la RDC. Alors que cette dame lui montrait des photos de son dernier séjour dans ce pays, G. a soudain reconnu un visage familier. C’était celui de sa fille. Cela ne faisait aucun doute dans son esprit.

« La dame a vu que je tremblais et m’a demandé de lui rendre son téléphone. Je lui ai demandé si elle pouvait m’envoyer la photo. Je lui ai confié à voix basse que j’étais la mère de la personne sur la photo. J’en pleurais. Je lui ai répété que j’étais la mère et lui ai demandé de m’aider. »

La dame s’est tout d’abord montrée réticente, mais G. a fini par la convaincre de lui dire ce qu’elle savait au sujet de sa fille. Elle n’avait pas d’adresse précise, mais elle lui a tout de même donné celle d’une église se trouvant à proximité.

G. ne savait pas que l’une des activités des Sociétés de la Croix-Rouge dans le monde consistait à réunir les familles en menant des recherches lorsqu’un proche manquait à l’appel, en confirmant la détention de membres de la famille et en transmettant des messages en cas d’interruption des services postaux.G. a transmis l’information à son agent du Programme de rétablissement des liens familiaux (RFL) de la Croix-Rouge canadienne.

En effet, quelques années auparavant, G. avait ouvert un dossier de recherche. Au début, elle ne voyait pas en quoi la Croix-Rouge lui serait utile pour retrouver sa famille. Son seul contact avec l’organisation remontait à l’époque où elle faisait partie d’une équipe de bénévoles responsable de l’inhumation sécuritaire des victimes de l’Ebola. G. ne savait pas que l’une des activités des Sociétés de la Croix-Rouge dans le monde consistait à réunir les familles en menant des recherches lorsqu’un proche manquait à l’appel, en confirmant la détention de membres de la famille et en transmettant des messages en cas d’interruption des services postaux.

À l’automne 2018, G. a reçu un appel de son agent de Rétablissement des liens familiaux. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait retrouvé sa fille... et son petit-enfant. La Croix-Rouge lui a montré une photo de sa fille adulte serrant son propre enfant dans ses bras.

« Ils m’ont dit qu’ils avaient son numéro de téléphone, a raconté G. Je ressentais de l’appréhension, mais aussi de la joie. Je ne savais plus trop quoi penser ».

Une fois le contact rétabli entre la mère et la fille, G. a découvert que sa fille l’avait elle aussi cherchée pendant toutes ces années. G. a également appris qu’elle avait en réalité deux petits-enfants. Aujourd’hui, G. et sa fille se parlent régulièrement et elle consacre toute son énergie à essayer de faire venir sa famille à Winnipeg.

Lors de son arrivée dans cette ville, l’un de ses voisins lui a dit de ne jamais perdre espoir et lui a assuré que la porte des retrouvailles allait s’ouvrir.

« Cette porte est enfin ouverte », affirme G.

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