Swissair-Lighthouse-460-(2).jpgLe 2 septembre 1998, il y a maintenant 20 ans, le vol 111 de Swissair s’écrasait à Peggys Cove, un charmant village de pêcheurs en Nouvelle-Écosse. Une heure après avoir décollé de New York en direction de Genève, l’avion a lancé un appel à l’aide pour atterrir d’urgence à Halifax en raison d’un incendie. Malgré tout, l’appareil s’est ensuite écrasé sur St Margarets Bay, tuant ainsi la totalité des 229 passagers et membres de l’équipage.
 




La Croix-Rouge canadienne a dépêché une équipe de secouristes à Peggys Cove pour administrer les premiers soins aux survivants que les chercheurs trouveraient ainsi qu’à ces derniers. Après 48 heures, l’espoir de trouver des survivants s’était dissipé et l’opération de sauvetage en est devenue une de rétablissement, visant à aider les familles des victimes qui commençaient à arriver de partout dans le monde.

Selon John Byrne, qui était à l’époque responsable provincial de la Croix-Rouge en Nouvelle-Écosse, la tragédie a été un moment décisif pour l’organisme dans ses activités d’intervention d’urgence.

Swissair_051-(1).jpg« Tous les 2 septembre, c’est immanquable, je deviens émotif, car c’est ce qui arrive en temps de catastrophe. La tragédie Swissair nous a permis d’acquérir des habiletés et de parfaire nos compétences, de saisir la complexité de l’événement en d’en faire une occasion d’apprentissage. »

C’est en raison de l’ampleur de la catastrophe qu’un tout autre niveau de soutien humanitaire a vu le jour à la Croix-Rouge. Pour le gouvernement et la communauté, c’était du jamais-vu.
« À partir de ce jour, nous avons été considérés en Nouvelle-Écosse comme des intervenants humanitaires dans le domaine des urgences, ce qui nous a poussés à intervenir de la même façon que nous l’aurions fait au pays ou à l’international, du point de vue de la Croix-Rouge. »

En collaboration avec les ministères de la Santé, des Services communautaires et de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse, la Croix-Rouge a mis sur pied un Centre conjoint des opérations d’urgence à son siège social provincial situé à Halifax. Sur place, des employés issus des quatre organismes n’ont fait qu’un pour intervenir dans la phase de rétablissement et auprès des familles désemparées qui arrivaient d’une vingtaine de pays différents.

Cette collaboration a amené la Croix-Rouge canadienne et le gouvernement de la Nouvelle-Écosse à conclure une entente formelle sur les services sociaux d’urgence en cas de catastrophe. Il s’agissait de la première entente de ce genre au Canada — elle a depuis été renouvelée et sa portée a été élargie. De plus, cette entente a inspiré d’autres administrations. 

Swissair_014-600-(1).jpgAu plus fort de son intervention, la Croix-Rouge a rassemblé plus de 250 bénévoles, pour un total de 500 en deux mois. Elle a participé à la phase de rétablissement, a collaboré avec les équipes chargées des enquêtes, a dépêché des travailleurs au centre des opérations, a soutenu des familles hébergées à l’hôtel qui recevaient quotidiennement des nouvelles du coroner et des enquêteurs, a accompagné ces familles à Peggys Cove et, enfin, a fait du porte-à-porte et est allée dans les écoles autour de St Margarets Bay pour distribuer 20 000 dépliants offrant des stratégies pour faire face aux événements traumatisants. Aux yeux des familles et des intervenants, les manteaux rouges arborant le logo familier de la Croix-Rouge sont devenus un symbole apaisant et facilement reconnaissable.

Swissair_036-(1).jpgJohn Webb était directeur provincial des Services sociaux d’urgence de Nouvelle-Écosse au moment du drame. Il est devenu bénévole pour la Croix-Rouge après la tragédie Swissair, et donne encore plus de son temps depuis qu’il est retraité de la fonction publique. Il se rappelle parfaitement l’impact qu’a eu l’événement.

 « Cet événement a marqué notre histoire. Il nous a tous touchés personnellement, mais ça nous a fait du bien d’aider les familles qui venaient de perdre un être cher. »


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