Travailleuse psychosociale canadienne en mission au Bangladesh, Sandra Damota parle de ses expériences en tant que membre d’une équipe internationale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge chargée de veiller sur des milliers de réfugiés provenant du Myanmar.

Sandra Damota (à droite), une travailleuse psychosociale canadienne, en compagnie d’une collègue de la Croix-Rouge de Norvège, en mission au Bangladesh.

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Cette photo représente un moment fort pour nous, alors que nous venions en renfort à l’équipe de santé mobile canadienne qui attendait l’arrivée de quelque 2 500 réfugiés au camp de transition près de la frontière. Le groupe tardait à arriver, et nous étions en train de peaufiner les détails des zones de triage médical et de soutien psychosocial. Les pluies torrentielles et la boue accablaient la communauté depuis des mois, et nous attendions avec impatience la fin de la saison des pluies.
 
Le ciel s’était finalement éclairci la journée précédente, avant d’envoyer une pluie fine en soirée. Au lieu de gros nuages noirs, un magnifique arc-en-ciel est apparu. Peu après, la pluie a cessé, le ciel s’est assombri et les premiers autobus sont arrivés. Bref, le calme avant la tempête.

Les besoins en soutien psychosocial ici sont criants. Par exemple, nous avons trouvé une fillette âgée d’une dizaine d’années au camp de transition, qui semblait faire la route seule. Nous l’avons dirigée vers le triage, pour l’aider à retrouver ses compagnons. Elle a affirmé qu’elle avait perdu de vue ses frères et sœurs dans la file d’attente du camp, ainsi que la voisine avec qui elle voyageait. Ensuite, elle a raconté qu’on avait exécuté ses parents sous ses yeux et qu’une voisine avait accompagné les enfants jusqu’ici. Nous avons pu la mettre en contact avec un intervenant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) afin de l’aider à retrouver la brave femme. Ce genre d’histoire est monnaie courante ici.

« Ce que ces gens ont vu et vécu avant et au cours de leur exil dépasse tout simplement l’entendement.»

Beaucoup d’entre eux demeurent plongés dans un mutisme complet depuis des semaines, et refusent de manger depuis qu’ils ont perdu leurs proches. Des familles entières accompagnent leurs proches à l’hôpital, de peur d’être séparées à nouveau. C’est pourquoi nous passons du temps avec les enfants dans l’aile pédiatrique.

Conrad Sauvé, chef de la direction de la Croix-Rouge canadienne, était sur place à Cox’s Bazar au Bangladesh où il a visité les espaces aménagés pour les enfants. Ceux-ci permettent d’offrir un soutien psychosocial aux enfants qui ont subi des traumatismes et qui vivent désormais dans les camps.



Ceux et celles qui souhaitnet soutenir les opérations de la Croix-Rouge au Bangladesh peuvent le faire en donnant au Fonds de secours : réfugiés du Myanmar