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Sekou, en compagnie de son frère Mama. Pour la famille Menta, la sécurité aquatique est une histoire famille, puisque trois des neuf enfants font partie de l’équipe de sauveteurs bénévoles.

Lorsque le soleil se lève à Koulikoro, dans le sud-ouest du Mali, des centaines de pirogues flottent sur le fleuve Niger. On peut facilement apercevoir les pêcheurs au large et, plus près de la rive, les exploitants de sable qui s’affairent à pelleter le fond de l’eau.  Sekou Menta et son père font partie du nombre.

Non loin de là, les femmes font la lessive. À leurs côtés, les enfants s’amusent dans l’eau. Soudainement, leurs petits rires font place à des cris. Le courant vient d’en emporter deux d’entre eux.

« J’ai regardé au large et j’ai vu deux personnes à la dérive, se rappelle Sekou. Je n’ai pas hésité et j’ai nagé vers elles. J’ai rattrapé une première fillette, je l’ai sortie de l’eau. Après, je suis retourné chercher ma sœur. Elle essayait de sauver l’autre fillette. »

Ce jour-là, Sekou, du haut de ses 11 ans, est devenu un héros.

Dans cette partie du pays, les noyades font partie d’un scénario presque quotidien. C’est pourquoi la Croix-Rouge malienne, a formé une équipe de 22 dont 11 femmes secouristes nautiques, dont Sekou est le plus jeune membre : « Cette formation m’a permis d’approfondir mes techniques de nage et de sauvetage. »

Combinées aux connaissances et aux techniques en matière de sécurité aquatique, les techniques de nage sont essentielles pour sauver des vies. Sekou l’a vite compris !

Déjà, la formation a fait ses preuves : deux vies ont pu être sauvées. L’équipe de sauveteurs est confiante, d’autres le seront.

Une initiative inspirée de l’expertise canadienne

Chef de file en matière de sécurité aquatique depuis plus de 150 ans, la Croix-Rouge canadienne forme plus de 300 000 Canadiens chaque année à nager, mais aussi à prévenir les urgences dans l’eau ou sur l’eau. Bien que savoir nager soit important, cela ne suffit pas toujours pour sauver une vie.

C’est le constat qu’a fait la Croix-Rouge malienne lors d’une rencontre avec la Croix-Rouge canadienne. Puis, un partenariat entre les deux sociétés sœurs a mené à la création de la première équipe de secours nautique de la Croix-Rouge malienne, des bénévoles sauveteurs qui ont les connaissances et les techniques nécessaires pour sauver des vies. Une initiative financée par le gouvernement du Canada.

Trois ans plus tard, des équipes de secours nautique veillent sur les communautés de Sikasso, du district de Bamako et de Koulikoro, là où habite Sekou.

Fort de son succès, ce projet pilote sera bientôt répété dans d’autres régions du Mali.