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Les voix de la guerre : votre opinion sur les lois de la guerre et la torture

iraq-war-fighting-destructio-460-(2).jpgLe droit international humanitaire (DIH) a comme but de protéger toute personne qui ne participe pas ou ne participe plus directement aux hostilités ainsi que de restreindre les méthodes de guerre et les armes utilisées pendant les conflits. Au cours de l’année 2016, plus de 17 000 personnes de 16 pays différents ont été interrogées sur une série de questions portant sur le DIH et les limites à la guerre. Étant donné que les mêmes questions avaient fait l’objet d’une enquête réalisée il y a près de 20 ans, le sondage fait ressortir les différents points de vue en matière de DIH et permet d’analyser l’évolution des perceptions au fil du temps. Les conclusions de l’enquête sont présentées dans le rapport « Les voix de la guerre », publié par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).  


L’enquête a notamment révélé que 8 personnes sur 10 désapprouvent les attaques dirigées contre les hôpitaux, les ambulances et les travailleurs de la santé dans le but d’affaiblir l’ennemi. Lorsqu’on leur a demandé leur avis à ce sujet, 79 % des Canadiens ont affirmé que les attaques perpétrées contre le personnel de la santé et les établissements médicaux devaient être condamnées, alors que 13 % de la population sondée a affirmé que cette pratique faisait partie de la guerre. En vertu du DIH,  les travailleurs de la santé et les établissements médicaux bénéficient d’une protection, et ne devraient jamais être ciblés.


Par ailleurs, près de 6 personnes interrogées sur 10 estiment qu’il est inacceptable d’attaquer des combattants ennemis dans des villages ou des villes peuplées dans le but d’affaiblir l’ennemi, sachant que de nombreux civils risquent d’être tués. Lorsque la même question avait été posée dans le cadre de l’enquête menée en 1999, près de 8 personnes sur 10 désapprouvaient cette pratique. Au total, 79 % des Canadiens sondés estiment que toutes les mesures doivent être prises pour épargner les civils au moment de lancer une attaque contre l’ennemi. À cet effet, le DIH stipule qu’il est illégal de prendre délibérément pour cible des civils et de lancer des attaques aveugles sur des villes et des régions habitées. Par conséquent, il faut prendre toutes les précautions possibles pour éviter de blesser des civils, d’endommager leurs maisons et de détruire leurs moyens de subsistance.


Le sondage a également permis de mesurer le changement de perceptions à l’égard des méthodes de guerre, notamment en ce qui concerne le recours à la torture. En 1999, 66 % des personnes interrogées jugeaient inacceptable le fait de torturer un combattant ennemi afin d’obtenir des renseignements. En 2016, seulement 48 % des sondés condamnent cette pratique. Il est important de rappeler que la torture et toute autre forme de mauvais traitement sont expressément interdites par les traités internationaux et le droit coutumier. Il n’existe aucune exception, quelles que soient les circonstances.


Depuis la première enquête réalisée en 1999, le visage de la guerre a changé. Les résultats du sondage montrent que ces bouleversements ont également influencé l’opinion publique face aux conséquences inévitables de la guerre. Or, les lois sont claires, et le DIH sert à tracer les limites de la guerre, comme l’affirme Peter Maurer, président du CICR : « Le droit international humanitaire impose des limites à la guerre. Les guerres sans limites sont des guerres sans fin. Et les guerres sans fin engendrent des souffrances infinies. Nous ne devons en aucun cas devenir indifférents à la détresse humaine. »

Êtes-vous en accord ou en désaccord avec ces différentes affirmations?  Répondez à notre sondage et faites‑nous part de votre point de vue! 

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