Denis-Roy.jpgLe 23 janvier dernier, vers 1 h 30 du matin, Denis Roy, bénévole de la Croix-Rouge dans le Bas-Saint-Laurent, a reçu un appel l’informant d’un incendie à L’Isle-Verte dans une résidence pour personnes âgées. Sur le moment, il s’est souvenu d’une situation identique survenue deux semaines auparavant dans la municipalité de Saint-Alexandre-de-Kamouraska; un incendie s’était aussi déclaré dans une résidence pour personnes âgées. Mais, contrairement au drame de L’Isle-Verte, personne n’est disparu.

Quand Denis est arrivé à l’école primaire de la petite municipalité, une dizaine de personnes évacuées étaient déjà sur place. L’infirmière de la résidence, qui était de garde cette nuit-là, accompagnait les sinistrés et les membres des familles qui cherchaient leurs proches. Sans hésiter, Denis a pris des couvertures de la Croix-Rouge et a aidé l’infirmière à s’occuper des gens. 

Lors des formations obligatoires et spécialisées en intervention d’urgence, les bénévoles de la Croix-Rouge sont sensibilisés à ce genre de situations, mais, sur le terrain, ils doivent composer avec la réalité.

Ainsi, Denis a rencontré quelques résidants évacués. Il a été touché par ce qu’ils ont partagé avec lui cette nuit-là. Une résidante sauvée des flammes l’a particulièrement ému. Aux côtés de Denis, elle s’est sentie rassurée et en sécurité. Après avoir discuté un instant, la dame lui a demandé si c’était possible pour lui de retrouver son jonc de mariage, puisque c’était un des seuls souvenirs qu’elle possédait de son défunt époux. La gorge nouée, Denis lui a répondu qu’il ferait tout en son pouvoir pour l’aider, sachant très bien que la tâche risquait d’être impossible.

« J’avais presque envie de pleurer, j’avais de la peine pour elle. Je voyais ses larmes couler et elle pensait à son jonc de mariage qu’elle avait perdu, c’était tellement important pour elle... », raconte Denis. Après cette rencontre, il a dû prendre un moment afin de remettre ses idées en place et de poursuivre ses activités.  
Sylvie-Cote.jpgDans cette petite municipalité d’environ 1500 personnes, tout le monde se connaît. De près ou de loin, tout le monde a perdu un proche ou une connaissance. Sylvie Côté, bénévole de la Croix-Rouge à Rivière-du-Loup, a elle aussi été mobilisée lors des premières minutes du drame. Elle redoutait un peu cette intervention, car elle craignait connaître des victimes. De retour chez elle pour dormir un peu avant de revenir au centre d’accueil et d’information, Sylvie a reçu quelques appels de proches de personnes disparues qui savaient qu’elle s’était rendue sur place. Avec des sanglots dans la voix, ils la remerciaient du travail des bénévoles de la Croix-Rouge et souhaitaient qu’elle se repose à son tour pour reprendre des forces et continuer son bon travail.

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