Pour Pauline Thibault-Bélisle, le bénévolat est un mode de vie à temps plein. Elle en fait pour la Fabrique de Sainte-Anne-du-Lac, là où elle habite. Et elle en fait pour la Croix-Rouge depuis 1985, couvrant le vaste territoire de la MRC d’Antoine-Labelle, dans les Laurentides. Lorsque Pauline a débuté à la Croix-Rouge, elle travaillait encore à temps plein comme gardienne dans un kiosque de chasse et pêche. Maintenant retraitée à 70 ans et des poussières, Pauline continue de s’investir corps et âme pour le bien-être de sa communauté.

Des débuts plutôt difficiles

« J’ai commencé à la Croix-Rouge avec ma sœur, Irène. À l’époque, on était une équipe de cinq ou six bénévoles. Lorsque le responsable pour la Croix-Rouge dans notre secteur, monsieur Legault, a quitté parce qu’il était assez âgé, le groupe s’est défait. Je me suis retrouvée seule avec ma sœur pour couvrir toute la MRC. On a recruté une personne à Sainte-Anne. À trois, ça aidait à répartir un peu les tâches, mais on avait quand même beaucoup à couvrir. Je me souviens d’un incendie à Mont-Laurier où j’ai dû me rendre un soir de tempête. On ne voyait ni ciel ni terre. Les gens étaient contents de nous voir arriver. »

Marquée pour la vie

« Ma sœur et moi, on sait ce que c’est de tout perdre et on est beaucoup plus sensible à ceux qui perdent tout. Lorsque j’avais 7 ans, ma maison a passé au feu. J’étais à l’école avec mes frères et sœurs, et quand on est revenu à la maison, ça flambait. C’est là qu’on a réalisé qu’il nous restait juste le linge qu’on avait sur le dos. Ces événements nous marquent pour la vie. C’est de là que vient mon intérêt pour la Croix-Rouge. »

De toutes les interventions dont se souvient Pauline, celle impliquant une famille avec trois enfants survenue il y a environ sept ans l’a particulièrement touchée. « Ils avaient tout perdu dans l’incendie. Les enfants voulaient avoir leurs jouets et ils n’avaient plus rien. C’était en plein hiver. Avec ma sœur, on leur a donné des toutous et des couvertures, et on a amené la famille se réchauffer. On leur disait qu’il leur reste la vie et tout l’avenir. Mais c’est certain que quand on passe au feu… »

Depuis, Pauline a recruté une autre de ses sœurs pour faire partie de l’équipe. Comme quoi le bénévolat est une affaire de famille chez les Thibault !

« C’est gratifiant de faire du bénévolat, pas pour les honneurs, ce n’est pas ça qu’on cherche, mais parce que tu te dis "j’ai pu aider quelqu’un aujourd’hui". C’est ça qui est important. C’est un travail que j’aime et tant que j’aurai la santé, je vais continuer. »

En cette Journée mondiale du bénévolat, nous tenons à remercier Pauline et tous les bénévoles qui nous permettent d’accomplir notre mission ici et ailleurs dans le monde.

Croix saguenay