La Première Guerre mondiale marqua un tournant décisif pour la Société canadienne de la Croix-Rouge et la plaça au premier rang des organismes canadiens œuvrant dans le domaine de l’aide humanitaire en temps de guerre. Dès le moment où la guerre éclata en août 1914, les Canadiens appuyèrent avec zèle et enthousiasme les activités de la Croix-Rouge. Le nombre de sections de la Croix-Rouge dotées d’une chartre et de ses auxiliaires (p. ex. des groupes confessionnels et des clubs rattachés à l’une des sections locales de la Croix-Rouge) connut une croissance exponentielle dans l’ensemble du pays et les dons affluèrent de toutes parts. Les femmes ‒ n’ayant pas le droit de s’enrôler dans l’armée à l’époque ‒ fournirent une aide monumentale à la Croix-Rouge. Les millions de vêtements qu’elles tricotèrent (chaussettes, écharpes, chandails, etc.) et d’articles médicaux qu’elles préparèrent (p. ex. des pansements) devinrent un symbole de l’apport des femmes aux efforts de guerre. En sa qualité de directrice des fournitures, Adelaide Plumptre fit preuve d’un esprit d’entreprise afin d’assurer le bon rendement de la production féminine. Les bénévoles s’occupèrent également d’assembler des colis alimentaires destinés aux prisonniers de guerre; au fil du temps, ils se mirent à préparer des confitures et autres aliments en conserve qui seraient envoyés aux soldats invalides à l’étranger. La Société versa d’importantes sommes d’argent au profit d’opérations de secours entreprises par d’autres Sociétés nationales de la Croix-Rouge, puis, à la fin de la guerre, elle fournit un appui financier aux réfugiés civils qui  regagnaient leur foyer dans des zones ravagées de l’Europe.

Alors que les personnes au Canada s’employaient à recueillir des fonds et à produire des articles de réconfort et des fournitures médicales, la Société établit un siège social outre-mer à Londres, en Angleterre, à partir duquel elle pourrait coordonner les activités qu’elle menait en Angleterre et en France. Ces activités englobaient notamment la mise sur pied et le soutien de plusieurs maisons de repos et hôpitaux en Angleterre – y compris le célèbre hôpital de Taplow situé sur le domaine Cliveden de la famille Astor – ainsi que l’approvisionnement en articles de réconfort et en fournitures médicales des hôpitaux au Canada, en Angleterre, en France et dans d’autres pays alliés. Les bénévoles de la Croix-Rouge canadienne exercèrent des fonctions variées : rendre visite aux soldats en convalescence en Angleterre, mener des recherches pour retrouver la trace de soldats portés disparus, gérer des dossiers sur les prisonniers de guerre canadiens avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge, et correspondre avec les proches au Canada des soldats malades, blessés, portés disparus ou prisonniers afin de les tenir à l’affût de la situation. La Croix-Rouge canadienne mena des opérations de secours semblables lorsque des troupes canadiennes et alliées furent déployées en Sibérie en 1918. Pendant la Première Guerre, la Croix-Rouge canadienne travailla toujours en étroite collaboration avec la Croix-Rouge britannique, puisqu’elle demeurait sous sa tutelle. Cependant, elle acquit beaucoup d’expérience pratique et gagna en assurance. Elle consolida également sa relation de confiance avec les Canadiens en leur offrant plusieurs moyens tangibles de venir en aide aux soldats malades, blessés et prisonniers.

 

Références bibliographiques :

Société canadienne de la Croix-Rouge. Rapports annuels. 1914-1918.

Glassford, Sarah Carlene.  Marching As to War:  The Canadian Red Cross Society, 1885-1939.  Thèse de doctorat, Université York, 2007.