
Yvon-Loup Jean, Guinea
Profil
Yvon-Loup Jean admet ne pas avoir eu à réfléchir longuement lorsque la Croix‑Rouge lui a offert l’occasion de travailler en Guinée, un pays pauvre sur la côte ouest de l’Afrique.
Récemment, cet ancien policier d’Aylmer (Québec) est rentré au Canada après une affectation variée de deux ans et demi pour la Croix-Rouge canadienne en tant qu’administrateur, chef de la sécurité et de la logistique et contremaître de construction.
En avril 1999, après un séjour de deux ans à New York comme chef de la logistique et de l’administration pour LBL Sky Systems, une compagnie de construction d’immeubles à bureaux, M. Jean revenait à Ottawa en voiture lorsque son téléphone cellulaire a sonné. C’était un représentant de la Croix‑Rouge à Genève qui l’appelait pour lui demander si cela l’intéresserait d’accomplir une mission de six mois pour la Fédération internationale de la Croix-Rouge et la Croix‑Rouge guinéenne dans le district de Forecariah, en Guinée.
Environ une semaine plus tard, il s’envolait à destination de la Guinée pour y remplir l’une des affectations les plus exigeantes de sa carrière dans le domaine de l’aide internationale. Il avait auparavant travaillé pendant plus de 30 ans dans l’État du Biafra comme parachutiste des Forces armées canadiennes.
Son contrat original de six mois ayant été prolongé à plusieurs reprises, M. Jean est enfin rentré à Ottawa en novembre 2001, surpris de voir avec quelle rapidité 31 mois à l’étranger s’étaient écoulés.
« Le temps est passé très vite, se rappelle-t-il. Nous étions tellement occupés. Nous avions un nouveau défi à relever chaque jour. »
À son arrivée en Guinée, le pays avait beaucoup de mal à faire face à l’afflux de plus de 200 000 réfugiés qui fuyaient la Sierra Leone et le Libéria, des pays déchirés par la guerre. Les forces rebelles de ces deux pays causaient aussi des ravages en Guinée en attaquant les camps de réfugiés et les villages des régions frontalières.
Peu après son arrivée, M. Jean a été chargé de la distribution de fournitures destinées à plus de 60 000 réfugiés dans neuf camps du district de Forecariah. Il s’occupait aussi de la construction d’un nouveau camp pour les personnes déplacées par les attaques des rebelles contre les villages de Mola et de Tassin.
Lorsqu’en septembre 2000 les attaques des forces rebelles ont forcé la Fédération à écourter les opérations dans le Forecariah, celle-ci a demandé à M. Jean d’assurer la logistique de l’évacuation de la capitale Conakry, située sur la côte occidentale.
« La situation était tendue, mais je n’ai jamais eu peur, se rappelle-t-il. Je me suis concentré sur les gens avec qui je travaillais et sur leur sécurité personnelle. »
M. Jean a aussi travaillé dans d’autres régions de la Guinée, entre autres au Kissidougou, où il était responsable de la sécurité et au N'Zerekore, où il a supervisé la construction d’abris pour un camp de réfugiés.
En dépit des nombreuses difficultés de la vie quotidienne en Guinée, M. Jean s’estime chanceux d’avoir pu aider autrui au sein d’un organisme qu’il considère comme une famille.
« Quand on travaille pour la Croix‑Rouge, on se sent vraiment apprécié », dit-il avec un grand sourire.
C’est pendant la crise humanitaire au Rwanda que M. Jean a décidé de prendre sa retraite après avoir été policier pendant 20 ans. Il a accepté une affectation comme agent principal de la sécurité du personnel sur le terrain au Burundi pour le compte du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.
L’expérience qu’il a alors acquise s’est avérée une préparation inestimable pour sa mission auprès de la Croix‑Rouge en Guinée, tout comme la formation offerte par la Croix‑Rouge. En 1995, il a suivi le cours de formation de base pour les délégués internationaux de la Croix‑Rouge canadienne et en 1996, le cours de formation en logistique de la Fédération.
Quoiqu’il admette que travailler dans l’un des pays les plus sous‑développés de la planète ait parfois été dur, il n’a pas hésité une seconde lorsqu’on lui a demandé de prolonger son contrat.
« Quand je pars en mission, je resterai tant qu’on voudra bien de moi », dit-il, mine de rien.
Après tout, travailler pour la Croix‑Rouge est une affaire de famille pour Yvon-Loup Jean.
|