Jean-Baptiste LacombeJean-Baptiste Lacombe s’est récemment joint à la Croix-Rouge canadienne à titre de gestionnaire d’intervention rapide, au sein de l’Équipe d’intervention d’urgence (EIU). Il a répondu à quelques-unes de nos questions sur le travail humanitaire international ainsi que son nouveau rôle auprès de la Croix-Rouge.







Où avez-vous travaillé avant de vous joindre à la Croix-Rouge? Quels rôles avez-vous occupés?

Avant d’arriver ici, j’ai occupé le poste d’agent de programmes humanitaires à Oxfam pendant environ deux ans et demi. Mes principaux dossiers concernaient le Moyen-Orient. Je gérais les subventions accordées aux projets et le contrôle de la qualité dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Avant de travailler pour Oxfam, j’ai accompli un court mandat avec la Croix-Rouge canadienne pendant la lutte contre l’Ebola. J’ai travaillé au centre de traitement de l’Ebola à Guéckédou, en Guinée. Pendant quatre semaines, j’ai essentiellement géré l’équipe responsable des inhumations sécuritaires en veillant à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement. Et avant ce mandat, j’ai effectué huit missions avec Médecins Sans Frontières où j’ai rempli divers rôles.

Quand avez-vous décidé de travailler dans l’humanitaire?

Il y a de ça assez longtemps! Je suppose que, même très jeune, je voulais déjà faire ce travail. Vers l’âge de 15 ans, lorsque j’ai lu un livre sur Marc Vachon, un logisticien pour MSF, je me suis dit que je pourrais faire ça, moi aussi.

En quoi consistera votre rôle de gestionnaire d’intervention rapide?

Je suis responsable de la capacité de mobilisation, ce qui veut dire que je dois m’assurer que la Croix-Rouge canadienne est prête à intervenir lorsqu’une catastrophe ou une situation d’urgence survient à l’étranger. Lors d’une intervention, je me rendrai sur les lieux afin de diriger soit l’Équipe d’intervention d’urgence, soit l’Équipe d’évaluation et de coordination sur le terrain, ou bien j’occuperai un autre rôle de leadership. Si l’hôpital de campagne est déployé à la suite d’une catastrophe, je serai déployé sur place avec l’équipe et les modules pour collaborer avec la Société nationale et intervenir en temps de crise dans le monde entier.

Votre domaine d’emploi vous appelle à voyager un peu partout. Comment votre famille réagit-elle au fait que vous travaillez parfois dans des endroits dangereux?

Je crois que mes proches comprennent que, quand je voyage, c’est avec des organisations responsables qui ont des plans réfléchis pour assurer la sécurité et le bien-être de leurs travailleurs humanitaires. Il est impossible d’éliminer totalement les risques, mais ma famille sait que je prends toutes les précautions nécessaires, tout comme le fait l’organisation, et que je suis donc dans un environnement le plus sécuritaire possible.

  Parlez-nous d’une expérience de travail sur le terrain qui vous a vraiment marqué.

Jean-Baptiste Lacombe L’intervention contre l’Ebola est la mission la plus éprouvante que j’ai effectuée. Les besoins humanitaires et la peur étaient omniprésents. J’avais parfois le sentiment que nous ne parviendrions pas à changer quoi que ce soit. Malgré notre travail acharné, le nombre de cas ne diminuait pas forcément de façon très significative. C’était très épuisant, à la fois psychologiquement et physiquement. La plupart du temps, en mission humanitaire, on ressent une forme de reconnaissance de la part des bénéficiaires, mais, dans ce cas-là, la peur de la maladie qui régnait dans la collectivité était si forte et les résultats étaient si minimes, qu’on se sentait impuissant devant la crise.

Comment occupez-vous vos temps libres?

J’aime beaucoup faire du vélo. Sur le terrain, on n’est pas libre de se déplacer autant qu’on le voudrait. Quand je reviens ici, je prends mon vélo et je me sens libre comme l’air; je peux simplement pédaler et me rendre n’importe où. Habituellement, quand je reviens de mission, l’une de mes priorités est de passer du temps avec ma famille et mes amis, alors je fixe des rendez-vous avec eux pour tous mes repas. J’aime aussi profiter de toute la culture qu’offre Montréal, comme les spectacles, les concerts, le théâtre et les festivals.

Quels sont les objets que vous apportez toujours dans vos bagages à l’étranger?

J’apporte toujours mon appareil photo, parce que j’aime prendre des photos et je crois que c’est un excellent moyen d’expliquer ce qu’on vit, ce qu’on ressent et de communiquer l’ambiance et l’apparence des gens. Je crois que l’on voit circuler beaucoup de fausses idées sur le travail humanitaire, alors les photos, les films et les vidéos sont utiles pour montrer comment ça se déroule réellement. J’apporte toujours aussi un ensemble de canifs. Ils ont tous des fonctions précises qui sont très utiles sur le terrain, comme les pinces du Leatherman, la lame de l’Opinel et le tire-bouchon du couteau suisse. J’apporte aussi mon Kindle, car la lecture est l’un des meilleurs moyens de décrocher en temps de crise.