Un billet de Guy Lepage, bénévole Croix-Rouge
 
« Je n’ai pas besoin de tout ça, je préfère que vous en donniez davantage à ceux qui en ont plus besoin que moi ».
 
Ainsi s’exprime une femme dans la soixante-dizaine qui a vu sa voiture être entièrement submergée dans le stationnement de son immeuble à condos. Un condo où ni elle ni son conjoint ne pourront retourner pendant encore plusieurs semaines.
 
pierrefonds-460-(1).jpgJ’ai entendu à maintes reprises des personnes sinistrées faire des commentaires semblables au centre d’information dans lequel j’ai travaillé à Pierrefonds, en banlieue de Montréal.
 
Mon équipe, composée de six bénévoles, a en effet reçu plusieurs témoignages de résidents qui leur ont décrit tout ce qu’ils ont perdu pendant les inondations. Prenez par exemple cette mère de famille qui était à l’extérieur de la ville lorsque la rivière a débordé et inondé le sous-sol de sa maison.
 
« J’ai perdu toutes les photos de bébé de mes quatre fils, nous a-t-elle raconté. Mon conjoint a utilisé les pompes du mieux qu’il a pu, mais l’eau montait trop rapidement. »
 
Pour d’autres sinistrés, le plus important n’est pas ce qu’ils ont perdu, mais plutôt ce qu’ils veulent préserver.
 
« J’ai dû aller habiter dans l’appartement de mon fils, qui a deux enfants. Je suis obligé de dormir dans le lit de l’un des petits et je n’ai pas fermé l’œil depuis le début des inondations, a déclaré un autre sinistré. Je dois me trouver un logement avant que cette situation ne nuise à ma relation avec mon fils. »

pierrefonds2-460.jpgAprès avoir écouté ces histoires, nous avons relogé des sinistrés dans des hôtels et leur avons donné les moyens de se nourrir et de se procurer des vêtements. Des centaines de bénévoles de la Croix-Rouge en font de même dans dix centres d’hébergement  répartis partout au Québec.
 
L’ampleur de cette catastrophe est immense.
 
Plus de 5 000 maisons ont été inondées et ont forcé près de 4 000 personnes provenant de 187 municipalités à trouver refuge ailleurs.
 
Tout comme l’année dernière, alors que des feux de forêt ravageaient Fort McMurray, de nombreux Canadiens ont répondu à l’appel. Jusqu’à présent, plus de cinq millions de dollars ont été amassés, et la générosité des donateurs se poursuit. ​Outre les services d'hébergement et de nourriture, les fonds récoltés nous permettent de distribuer une aide financière immédiate de 600$ aux sinistrés dont la résidence a été endommagée par les inondations.

guy_lepage-400.jpgEncore une fois, des bénévoles de partout au Québec se sont mobilisés pour porter secours aux sinistrés. Je suis très fier de dire que, pour le moment, je suis le seul bénévole de la Croix-Rouge à venir de l’extérieur du Québec. Mais, c’est surtout parce que je parle français...
 
J’ai également travaillé au centre de commandement central, où j’ai aidé à coordonner la logistique et les renseignements destinés aux différents centres.
 
Le centre vise à donner aux bénévoles tous les outils dont ils ont besoin pour venir en aide à un nombre de bénéficiaires aussi élevé.
 
« Merci pour ce que vous faites pour nous. »
 
« Vous êtes bienvenus. »

 
Si vous souhaitez faire un don pour appuyer l’intervention de la Croix-Rouge, vous pouvez contribuer au Fonds de secours pour les inondations printanières au Québec en ligne ou en composant le 1 800 418-1111.