IDWpanel2_crop_1-(1).jpgAvez-vous déjà cherché à savoir en quoi consiste le travail des médecins, du personnel infirmier, des travailleurs sociaux et des techniciens que la Croix-Rouge dépêche à l’étranger pour apporter des secours à la suite d’une catastrophe? Vous êtes-vous déjà demandé qui sont ces personnes et qu’est-ce qui les motive à travailler dans l’humanitaire?

Le 9 février dernier, neuf travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge canadienne ont justement répondu à ce type de questions posées par des Canadiens de partout au pays, au cours d’une table ronde retransmise en direct et organisée dans le cadre de la Semaine du développement international.

Les invités ont discuté des motifs qui les poussent à partir en mission, des plus grands défis auxquels ils font face lorsqu’ils rentrent à la maison et de ce qu’ils mettent dans leurs bagages avant le départ. Si vous n’avez pas pu suivre la discussion en direct, vous pouvez la retrouver dans son intégralité sur YouTube, en anglais et en français.

À la fin de la table ronde, trois de nos travailleurs humanitaires ont pris le temps de répondre à quelques questions que nous n’avons pas eu l’occasion de leur poser.

Comment arrivez-vous à concilier votre rôle de travailleur humanitaire, votre emploi et votre vie privée?

Chiran Livera, directeur adjoint, Gestion des urgences à la Croix-Rouge canadienne en Ontario : Ce n’est pas facile, même en tant qu’employé de la Croix-Rouge. Je travaille dans l’intervention d’urgence et je peux donc être appelé à me déplacer pour une mission dans un délai de 12 heures. Mon gestionnaire et moi  nous sommes mis d’accord pour qu’une personne me remplace pendant mon absence et il connaît également les mois de l’année où je suis susceptible d’accepter une mission à l’étranger. J’ai la chance d’avoir une famille très compréhensive et je sais à quel moment je peux accepter des missions et à quel moment je dois rester près de ma famille.

Sabrina Chung, infirmière autorisée : Ce n’est pas toujours évident, mais avoir un employeur qui nous soutient et une famille qui comprend pourquoi nous faisons ce choix facilite beaucoup les choses. Il est important que notre entourage comprenne comment les choses vont se passer au travail et à la maison pendant notre absence, et qu’il soit conscient que notre travail à l’étranger peut lui être bénéfique à notre retour.

Y a-t-il eu un moment où vous avez eu le sentiment de ne pas en faire assez? Comment avez-vous géré la situation?

Nicole Robicheau, conseillère en communications à la Croix-Rouge canadienne : Chaque fois que je vais en mission, j’ai l’impression de ne pas en faire assez parce que les besoins sont bien trop nombreux. C’est pour ça qu’une seule organisation ne peut pas endosser l’entière responsabilité d’aider tous ceux qui sont touchés par une situation d’urgence. La Croix-Rouge travaille avec d’autres organisations humanitaires et d’autres gouvernements afin de pouvoir aider le plus de gens possible.

Chiran : Oui – c’est très difficile d’établir un ordre de priorité quand il n’y a pas assez de ressources pour répondre à tous les besoins. Par exemple, lorsque j’étais en Haïti, je faisais partie d’une équipe qui a décidé de se rendre dans les zones rurales qui recevaient moins d’aide en raison de l’ampleur de l’urgence. Notre équipe a travaillé d’arrache-pied pour évaluer les besoins. Nous avons fait de la route pendant plusieurs jours pour pouvoir rencontrer tout le monde, et leur fournir des secours indispensables comme des soins médicaux, de l’eau et des vivres. J’avais toujours l’impression de ne pas en faire assez et je gérais la situation en expliquant continuellement pourquoi nous devions donner la priorité aux besoins essentiels et en faisant en sorte que nos équipes reviennent vers ces populations isolées pour leur fournir une aide supplémentaire.

IDWpanel1_sm.jpgQuel effet cela vous fait-il de porter votre dossard de la Croix-Rouge lorsque vous êtes dans un autre pays?

Chiran : J’éprouve à la fois de l’humilité et de la fierté lorsque je porte mon dossard de la Croix-Rouge à l’étranger. Je sais que ce dossard et cet emblème inspirent le respect et je me dois d’être à la hauteur, pour les personnes touchées par une catastrophe, pour les partenaires locaux et pour ma famille à la maison.

Sabrina : C’est un sentiment extraordinaire. Les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge sont des symboles d’aide reconnus partout dans le monde, et les gens savent qu’ils peuvent venir nous demander du soutien en toute sécurité.

Nicole : J’éprouve un sentiment de fierté chaque fois que je porte mon dossard de la Croix-Rouge et que je me trouve aux côtés de mes collègues et des bénévoles des autres Sociétés de la Croix-Rouge pour aider les personnes touchées par une catastrophe. Je suis convaincue qu’ensemble, nous faisons une véritable différence dans la vie des gens.

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