Saluons une grande bénévole de la Croix-Rouge, madame Betty Anderson.

BettyAnderson_460-(3).jpg Le matin du 6 décembre 1917 à Halifax, un coup du sort a scellé le destin de Betty. Si sa mère n’avait pas fait la grasse matinée ce jour-là, le monde aurait été privé de cette femme extraordinaire.

« Pour la première fois de sa vie, ma mère, qui dormait d’un sommeil de plomb, ne s’est pas réveillée pour aller au travail », raconte madame Cooper, qui a rendu son tablier de bénévole il y a deux ans à l’âge vénérable de... 96 ans! À l’époque, sa mère travaillait à la National Sea Products, près du port, qui a été le théâtre d’une terrible tragédie.

« Maman avait laissé la fenêtre de sa chambre ouverte avant d’aller au lit. C’est ce qui l’a sauvée, car celle-ci ne s’est pas fracassée sous l’impact de la détonation. » En effet, un navire chargé de munitions a explosé au port d’Halifax à la suite d’une collision, causant une véritable hécatombe : environ 1 950 morts, 9 000 blessés, 1 630 foyers détruits et 12 000 maisons endommagées.

« Ma mère m’a raconté qu’elle s’est précipitée dans la rue, attrapant au vol son éternel béret de velours vert. Sous l’effet de la panique, elle s’est jetée au cou d’un passant. »

The-Volunteers_Program-Cover_460.jpg Betty a rallié les rangs de la Croix-Rouge canadienne à 16 ans, après avoir suivi un cours de secourisme. Dans le cadre de son travail de bénévole, elle fait la connaissance de dames avec qui elle cultivera une amitié tout au long de sa vie. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Betty est mobilisée par l’Aviation royale du Canada, avant de se joindre à nouveau à la Croix-Rouge comme bénévole à Halifax. « Je veillais aux bons soins des blessés en distribuant du thé, du café, des friandises et parfois des pansements », raconte-t-elle.

Ensuite, Betty s’est enrôlée dans l’Aviation. En 1953, l’année du couronnement de la Reine Élisabeth, elle a reçu une affectation en Angleterre, à 160 kilomètres de Londres. « Mes collègues et moi avions trouvé des billets pour la cérémonie à la toute dernière minute. C’était en juin, le ciel était nuageux mais on s’est bien amusées. Quand Sa Majesté a posé le pied sur le parvis de l’église, le soleil s’est mis à briller. »

Betty a gardé le contact avec ses collègues et ses amies de la Croix-Rouge au fil des ans et des réunions.
« En 1983, la toute dernière réunion des femmes à l’emploi de la Force aérienne s’est tenue à Halifax. J’ai participé à la planification de l’événement pendant trois ans, à titre de coprésidente du comité. Plus de 600 femmes s’y sont présentées. Halifax a bien changé depuis », confie-t-elle en riant.

L’an dernier, un monument baptisé « Les Bénévoles » a été érigé à Halifax pour souligner la contribution des femmes dans l’effort de guerre, en hommage aux dames comme Betty Anderson.