Billet de Jenna Atchison, infirmière autorisée

En juin dernier, j’ai réalisé un rêve de longue date — accompagner un hôpital de campagne de la Croix-Rouge canadienne sur le terrain — et je me suis envolée pour l’Afrique de l’Est pour y travailler dans un centre de traitement du choléra.

Dans la vie de tous les jours, je suis une infirmière pédiatrique à Ottawa. Cette expérience allait à coup sûr me catapulter hors de ma zone de confort, mais j’étais prête. J’ai terminé ma formation l’année dernière, et il était temps de mettre mes nouvelles connaissances en pratique. Je jubilais et j’étais un peu nerveuse à l’idée d’exercer mon métier dans un environnement si différent du mien.
 
Au coeur d'un centr de traitement de choléraDès mon arrivée, je me suis mise au travail, car les patients affluaient et nous avions besoin de toutes les ressources possibles. C’est pendant cette période très occupée que l’équipe de la Croix-Rouge a uni ses forces et formé de solides liens de confiance et d’amitié avec le personnel local. En plus d’être des professionnels de la santé compétents, ceux-ci se sont avérés des collègues extraordinaires qui m’ont aidée à comprendre la culture et à communiquer avec les malades que nous devions soigner. Lorsque je repense à cette expérience, je suis extrêmement reconnaissante d’avoir pu rencontrer tous les médecins, le personnel infirmier, les membres du personnel et les bénévoles de la Croix-Rouge locale et d’avoir été en mesure de leur apporter mon aide au centre de traitement.

Une expérience m’a particulièrement marquée pendant mon séjour.

La plupart du temps, je travaillais dans la tente d’observation, où nous traitions les nouveaux patients, qui étaient examinés par les médecins afin de déterminer s’ils présentaient des symptômes du choléra. Une toute petite fille souffrant de déshydratation sévère, et possiblement de choléra, a été emmenée à l’aire d’observation. La gravité de ses symptômes était telle que nous avions de la difficulté à la garder éveillée. Un médecin local, plusieurs membres du personnel infirmier et moi-même nous sommes rapidement rendus à son chevet, où le médecin a immédiatement prescrit des solutés par voie intraveineuse. Pendant que les infirmières s’affairaient à établir un accès intraveineux pour réhydrater la fillette et que le médecin discutait avec sa famille, des bénévoles de la Croix-Rouge locale ont apporté le matériel médical et les solutions de réhydratation orale nécessaires et se sont assurés que nous n’avions besoin de rien.

Sans le travail acharné de chaque membre de l’équipe, nous n’aurions pu sauver la vie de cette petite fille.

En repensant à cette expérience, je suis extrêmement reconnaissante envers l’équipe du centre de traitement. Grâce à elle, j’ai pu revoir notre patiente le lendemain, buvant la solution de réhydratation orale avec toute l’énergie et l’appétit d’une petite fille de son âge. De savoir que nous avons fait toute la différence dans la vie de cette fillette et de sa famille n’a fait que renforcer ma conviction que le travail réalisé au centre de traitement était essentiel.