Il y a 20 ans, six travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge ont été tués au cours d’une mission d’aide dans le village tchétchène de Novye Atagi. Parmi eux figurait une infirmière canadienne, Nancy Malloy.
 
Nancy avait été déployée dans un hôpital du petit village de Novye Atagi à la suite d'un traité de paix entre la Russie et la Tchétchénie permettant aux travailleurs humanitaires de porter secours aux populations de la région. Au cours des quatre premiers mois d’opération, les équipes médicales avaient reçu plus de 1 700 patients en consultation, réalisé environ 600 interventions chirurgicales et hospitalisé 300 patients.
 
Dans la nuit du 17 décembre 1996, un groupe d'hommes masqués a pris le complexe hospitalier d'assaut, abattant Nancy et ses collègues de la Croix-Rouge.
 
Cette attaque, l'une des plus violentes de l'histoire du Mouvement de la Croix-Rouge, constituait une violation flagrante du droit international humanitaire (DIH). Dans un récent sondage mené par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), 13 % des Canadiens ont répondu que les attaques sur les travailleurs humanitaires faisaient tout simplement partie de la guerre. Pourtant, en vertu du droit international, les travailleurs humanitaires et les installations médicales doivent être protégés en tout temps, peu importe la situation.
 
Malheureusement, l'histoire de Nancy n'est pas unique. Vatche Arslanian, qui avait commencé son bénévolat à la Croix-Rouge en 1991, a été déployé en Irak en 2001 en tant que responsable de la logistique. Lorsque la guerre a éclaté, il a choisi de ne pas quitter Bagdad, sachant que la population comptait sur l’aide de la Croix-Rouge pour survivre. En 2003, Vatche a été victime d’un feu croisé alors qu’il tentait de mettre des civils en sécurité. Les civils et les travailleurs humanitaires ne devraient jamais être des cibles.
 
Depuis l’attaque tragique du 17 décembre 1996, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) consacre cette journée au souvenir de nos collègues qui ont perdu la vie dans l'exercice de leurs fonctions afin de ne pas oublier leur sacrifice. En ce 20e anniversaire de l’attaque, des proches de travailleurs humanitaires décédés, dont certains membres des familles de Nancy et de Vatche, se rendront à Genève pour participer à une série d'événements in memoriam. 
 
Ces événements tragiques causent de grandes souffrances aux familles, aux amis et aux collègues des victimes. Aujourd’hui, prenons un moment pour honorer les travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge qui ont perdu la vie dans le cadre de leur travail essentiel.