Shauna McLarnon, Russie
Shauna McLarnon a visité la Russie pour la première fois en 1993. Elle y est retournée en 1995 dans le cadre d'un programme d'échange d'études supérieures dans le Nord-Est de la Sibérie. Qu'il s'agisse de destin ou d'un heureux hasard, une chose est certaine : Mme McLarnon avait trouvé sa vocation.
« Je savais que j'étais accrochée et que je voulais travailler là-bas », a déclaré Mme McLarnon, qui est maintenant gestionnaire d'un projet de développement communautaire dans le Grand Nord russe, évalué à 3 millions de dollars.
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Shauna McLarnon (à gauche), gestionnaire de projets, Croix-Rouge canadienne, rencontre de bénéficiaires à Magadan. | |
Après avoir travaillé pendant deux ans auprès de l'Académie du forum nordique dans la région de Yakoutsk et pour la Société canadienne d'hypothèques et de logement à Moscou, Mme McLarnon était fin prête à relever un nouveau défi lorsqu'elle a entendu parlé d'un projet de la Croix-Rouge dans les régions éprouvées de Magadan, de Tchoukotka, de Kamtchatka et de Koriak, dans l'Extrême Nord-Est de la Russie.
Depuis le démantèlement de l'Union soviétique, plus de 700 000 habitants de ces régions isolées font face à des difficultés d'existence exceptionnelles caractérisées par des pénuries de vivres, de vêtements, d'électricité et d'autres fournitures essentielles.
L'aide de la Croix-Rouge canadienne a d'abord porté sur les secours d'urgence dans la région. Aujourd'hui, grâce au financement de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), on met l'accent sur le développement économique des collectivités, la promotion de la santé, l'aide sociale, la préparation aux catastrophes et l'intervention en cas de sinistre ainsi que le développement organisationnel.
Mme McLarnon, qui est entrée en fonction à Moscou en juin 2001, se dit encouragée par les résultats à ce jour.
« Maintenant, les gens ont plus d'espoir, dit-elle. Ils réalisent qu'ils ont la capacité de se mobiliser et de collaborer. »
Dans ces quatre régions, la Croix-Rouge fournit des fournitures de pêche à des équipages locaux dont beaucoup ont été forcés de reprendre des activités de subsistance depuis l'effondrement de l'ancien système économique soviétique. La Croix-Rouge mène d'autres activités dans la région, dont le soutien de centres d'accueil communautaires et de cantines ainsi que la distribution de trousses de conservation des aliments et de trousses mère-enfant pour les femmes enceintes.
Mme McLarnon, qui est âgée de 31 ans et maîtrise le russe, est très emballée lorsqu'elle parle du succès de certains projets communautaires.
Dans le cadre d'un projet novateur, un village utilise des sous-produits d'animaux comme de la graisse de phoque et de morse pour produire du savon, du shampoing, de l'huile à lampe et d'autres produits.
Un autre projet ayant beaucoup de potentiel est une école professionnelle où l'on enseigne l'art et l'artisanat traditionnels. La Croix-Rouge fournit des outils spécialisés, par exemple pour le découpage des os et le polissage, qui sont nécessaires à la production de gravures, de sculptures, de couteaux, de fourreaux, d'amulettes, de poupées et d'autres articles d'artisanat.
Mme McLarnon dit que les bénéficiaires du projet commencent à élaborer des plans pour aider les artistes locaux à vendre leurs œuvres dans les grandes villes russes et éventuellement aux États-Unis.
Près de dix ans après sa première visite en Russie, Mme McLarnon manifeste toujours un enthousiasme ardent pour un pays qui, de bien des façons, est devenu une seconde patrie.
Elle soutient que le Canada et la Russie se ressemblent à plusieurs égards. Les régions septentrionales des deux pays ont une géographie, une géologie et un climat similaires. Elles sont généralement éloignées des sièges du gouvernement et doivent relever des défis semblables en matière de transport et de liens commerciaux vers les centres urbains du sud. Il existe aussi de nombreuses similitudes en fait de modes de vie et de problèmes sociaux.
« Il existe manifestement des liens entre nos deux pays », dit Mme McLarnon, qui est née et a grandi à Whitehorse, au Yukon. « J'ai toujours voulu rapprocher nos deux sociétés et, de bien des façons, c'est ce que j'ai commencé à faire. »


