Les élèves doivent faire partie de la solution
Les recherches ont démontré que les exposés présentés par les jeunes sont très efficaces dans les programmes de prévention et notre expérience avec Au-delà de la souffrance le confirme.
Lors de la deuxième journée de formation, on demande aux jeunes de différentes écoles de faire un sommaire d’un exposé qu’ils peuvent offrir à leurs pairs. Ce qui est intéressant, c’est qu’il existe des similarités frappantes entre les messages créés par les jeunes des diverses écoles et collectivités, ce qui démontre que les jeunes ont une vision claire et commune des questions importantes liées à la prévention de l’intimidation et du harcèlement. Un des volets où les élèves démontrent un épanouissement continu constitue leur compréhension du rôle du spectateur et comment il est essentiel pour encourager ou enrayer l’intimidation.
Compte tenu que les jeunes connaissent les renseignements particuliers aux groupes et qu’ils amènent leur créativité lors de la prestation du programme, et étant donné qu’ils ont une crédibilité particulière lorsqu’ils parlent aux plus jeunes élèves, ces animateurs on une énorme incidence sur leur auditoire, en l’aidant à favoriser un milieu plus sûr pour les élèves.
Pour de plus amples renseignements sur la façon d’amener la formation du programme Au-delà de la souffrance dans votre collectivité, communiquez avec le bureau de la Croix-Rouge le plus près de chez vous, ou envoyez un courriel à respected@redcross.ca.
Les gens méchants sont chiants
Connais-tu des intimidateurs? Si tu n’essaies pas de les arrêter, tu fais partie du problème
Par Deb Cockerton
Nous avons tous vu ça : la personne qu’on traite de noms lorsqu’elle marche dans le corridor, le garçon qu’on pousse contre les casiers entre les cours, ou la fille au sujet de qui on envoie des notes et des courriels haineux à caractère sexuel.
Cela arrive-t-il à ton école?
Si tu as répondu « oui », ton école, comme bien d’autres, fait face à un problème d’intimidation et de harcèlement. L’intimidation et le harcèlement sont des problèmes sempiternels qui sont enfin reconnus comme n’étant pas une étape « normale » de la croissance. Il est injuste de s’attendre à ce que les gens tolèrent les railleries, les actes d’agression physique et l’isolement social dans le cadre de l’expérience scolaire.
L’impact sur la victime peut comprendre des symptômes liés au stress (insomnie, dépression, etc.), une faible estime de soi, une baisse du rendement scolaire, l’école buissonnière ou l’évitement de l’école, l’humiliation, la peur, des comportements autodestructeurs ou une augmentation du risque de suicide. L’impact sur l’intimidateur peut également comprendre une déformation de l’image de soi, la perception que l’agression est un moyen d’obtenir le pouvoir, un risque quatre fois plus élevé d’activité criminelle, une mauvaise santé mentale et une augmentation du risque d’une éducation ou d’un emploi irréguliers.
Tu peux fort probablement cerner certains comportements classifiés comme étant de l’intimidation verbale, physique ou relationnelle. Ils peuvent comprendre les actes mentionnés précédemment, ainsi que les menaces de violence, l’agression physique, le harcèlement sexuel, la cyberintimidation, la destruction des biens d’autrui et des comportements visant à humilier ou à gêner les individus.
Tu te poses probablement la grande question : « Pourquoi les intimidateurs agissent-ils ainsi? » En gros, c’est parce qu’ils croient qu’ils peuvent le faire. L’intimidation se produit à cause d’un déséquilibre du pouvoir, ce qui veut dire que l’intimidateur a plus de pouvoir que la victime.
Le pouvoir peut être exercé de diverses façons, y compris le statut social, la situation financière, la position au sein du groupe de pairs, la personnalité et, bien entendu, le pouvoir physique. C’est le pouvoir qui diffère l’intimidation d’une situation de conflit. Dans une situation de conflit, les deux parties ont un pouvoir égal et une résolution peut être réalisée grâce à la résolution de problèmes. Dans une situation d’intimidation, la victime ne peut rien faire pour changer les choses et est habituellement intimidée par l’intimidateur.
Alors, pourquoi les victimes hésitent-elles à dire à quelqu’un qu’elles subissent de l’intimidation?
Le secret entourant la dénonciation de quelqu’un est un outil très puissant que les intimidateurs emploient à leur avantage. Mais il est important de reconnaître qu’il existe une différence distincte entre la dénonciation et le signalement. Lorsque tu dénonces quelqu’un, tu veux lui nuire. Par exemple, si ton camarade mâche de la gomme en classe et que les règlements l’interdisent, ça ne sert à rien de le dénoncer. Tu le fais peut-être simplement pour nuire à quelqu’un. Si, par contre, tu te préoccupes de la sécurité affective ou physique d’une personne, tu devrais le signaler. Si tu parles du cas d’intimidation à quelqu’un qui peut aider, cela profitera à la victime, même si la victime, c’est toi!
Le vieil adage qui dit : « Si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème » vaut certainement pour les cas d’intimidation. Les spectateurs jouent un rôle très important. En règle générale que font les spectateurs? Ils sourient ou rient, encouragent verbalement l’intimidateur, se tiennent debout et observent ou passent simplement devant la scène d’intimidation et pensent « Je suis content que cela ne m’arrive pas! »
Plus important encore, il est rare que les spectateurs signalent ce qu’ils voient. Cela donne plus de pouvoir à l’intimidateur parce qu’il a un auditoire et qu’il a l’assurance que personne ne signalera l’incident. Pour enrayer l’intimidation, voici ce que nous devons changer.
Ne sois pas un spectateur qui donne du pouvoir aux intimidateurs. Lorsque les pairs interviennent, ils réussissent à arrêter les comportements d’intimidation dans environ la moitié des cas.
L’intervention ne signifie pas que tu dois confronter l’intimidateur. Tu peux signaler les comportements dont tu as été témoin à un enseignant ou à la direction de l’école. De cette façon, tu peux appuyer la victime sans te mettre en danger. Tu peux également appuyer les victimes en leur disant que ce n’est pas de leur faute et en les encourageant à signaler le problème. La plupart des victimes ne signalent pas les incidents de peur qu’ils s’aggravent. Mais, si les gestes ne sont pas signalés, ils s’aggravent habituellement.
Les intimidateurs ont tendance à être attirés par des victimes qui n’ont pas de bons réseaux sociaux. Tu peux aider à mettre sur pied un système de soutien pour la victime en lui offrant de marcher à ses cours avec toi ou de s’asseoir avec toi pendant le dîner.
En assumant la responsabilité à l’égard du traitement des autres élèves de ton école, tu feras partie de la solution!
S’ils n’existent pas déjà, parle aux enseignants et à la direction de l’école concernant la mise sur pied d’un comité et d’une politique de lutte contre l’intimidation. Le groupe devrait être composé d’élèves, de parents et d’enseignants. Tu peux également proposer que tous les enseignants soient sensibilisés aux questions liées à l’intimidation, y compris le harcèlement criminel et non criminel.
Pense à des moyens créatifs pour sensibiliser tes pairs à l’intimidation. Par exemple, tu peux proposer une page qui aborde la lutte contre l’intimidation dans l’agenda scolaire; cette page pourrait présenter la politique de l’école en matière de lutte contre l’intimidation et les conséquences qui s’y rattachent.
Il est essentiel que les jeunes parlent de ces questions importantes aux autres jeunes et fassent partie de la solution. Lorsque nous connaissons les questions touchant l’intimidation et le harcèlement et que nous avons un plan pour sensibiliser les autres, nous pouvons avoir un climat scolaire où nous nous respectons et nous nous appuyons l’un l’autre.
Deb Cockerton est la coordonnatrice provinciale du programme ÉduRespect de la Croix-Rouge à Peterborough, en Ontario. Cet article est adapté d’un article déjà publié dans http://www.nextstepmagazine.com/.

