Êtes-vous prêt à devenir un délégué?

Les conditions de vie et de travail sur le terrain varient d’un endroit à l’autre. En fonction des circonstances, il se peut que les travailleurs de réponse d’urgence et d’aide internationale se retrouvent privés de bien des commodités et du réseau de soutien et de l’infrastructure de base auxquels ils sont habitués. Les questions qui suivent ne s’appliquent peut-être pas à chaque mission, mais elles se veulent un guide pour vous aider à évaluer votre niveau de préparation à travailler et à vivre comme délégué.

Le fait d’être travailleur humanitaire à l’étranger signifie que vous serez séparé de votre famille et de vos amis pendant de longues périodes et que vos communications avec eux se feront très rares.

  • Suis-je prêt à « interrompre » ma vie personnelle au Canada pour travailler à l’étranger? Suis-je prêt à avoir peu ou pas de contact avec mes proches pendant une longue période?
  • Est-ce que ma famille, mes proches et mes amis appuieraient ma décision? Quelles sont leurs préoccupations et leurs craintes et de quelle façon leur réaction influencera-t-elle sur ma décision?
  • Ma motivation personnelle pour le travail à l’étranger est-elle saine? Est-ce que j’essaie d’éviter des affaires ou des problèmes que je pourrais mieux régler en demeurant au Canada?

Les milieux dans lesquels œuvrent les travailleurs humanitaires sont souvent exigeants et peuvent être stressants.

  • Suis-je en parfaite santé physique et mentale, donc capable d’endurer les rigueurs d’un environnement très stressant et possiblement de piètres conditions de vie?
  • Suis-je capable de m’autodiscipliner sur le plan de l’alimentation, de l’exercice et du sommeil?
  • Est-ce que je gère bien le stress? Ma gestion du stress est-elle saine (exercices physiques, confidences à un collègue)?
  • Ai-je une saine estime et une bonne image de moi?
  • Suis-je résilient et capable de m’adapter à la plupart des situations?

Les conditions de vie varient selon la mission. Vous pourriez vous retrouver dans un logement isolé ou vivre à l’étroit avec d’autres personnes. Il se peut également que vous n’ayez pas accès aux commodités auxquelles vous êtes habitué. Il se peut que des restrictions de sécurité limitent les endroits où vous pouvez vous rendre, ce que vous pouvez faire et à quel moment.

  • Suis-je capable de vivre dans un endroit isolé où j’aurai très peu de contacts avec d’autres personnes d’une culture semblable à la mienne? Suis-je capable de partager un logement et d’y vivre à l’étroit avec d’autres personnes?
  • Dans quelle mesure puis-je me retrouver dans des situations où je n’aurai peut-être pas accès facilement à Internet ou où j’aurai du mal à communiquer avec ma famille et mes amis?
  • Comment est-ce que je me sens à l’idée de vivre et de travailler dans des milieux dangereux où ma vie risque d’être en danger?
  • Suis-je disposé à suivre des règles de sécurité strictes?

Puis-je adapter ma routine quotidienne à des situations où mes déplacements sont fortement restreints?

Pensez aux répercussions professionnelles d’une mission. Les travailleurs humanitaires qui font partie de la liste d’urgence seront notamment tenus de s’absenter dans des courts délais.

  • Puis-je « interrompre » ma vie professionnelle au Canada dans des cours délais? Au retour de mon affectation, serai-je prêt à chercher un nouveau travail ou à être sans emploi pendant une certaine période lorsque je ne serai pas en mission?
  • Mon employeur appuiera-t-il ma décision? Mes collègues sont-ils prêts à modifier leur charge de travail pour me remplacer pendant mon absence?
  • Mon employeur comprend-il qu’à ma reprise du travail, j’aurai besoin de temps pour me réadapter et que ma perception du travail sera peut-être différente?
  • Si je suis travailleur autonome, ai-je la volonté ou la capacité de risquer de perdre des clients en raison de mon absence ou dois-je prendre des mesures de rechange?

Nos travailleurs humanitaires travaillent avec nos Sociétés nationales partenaires et doivent respecter les différentes cultures et les différents styles de travail et s’y adapter. Ils se retrouvent dans des situations peu familières, reçoivent des renseignements ambigus et peuvent travailler sans la présence d’un superviseur ou la possibilité de le rejoindre. Ils peuvent être tenus de travailler de nombreuses heures pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, surtout dans des situations d’urgence.

  • Ai-je les compétences professionnelles et l’expérience de travail requises?
  • Est-ce que j’excelle sur le plan professionnel dans un environnement multiculturel? Est-ce que j’accepte de relever le défi de m’adapter à d’autres cultures et méthodes de travail? Puis-je travailler et vivre avec des gens dont l’héritage, les valeurs et les convictions diffèrent des miens?
  • Est-ce que je me fixe des objectifs réalistes? Puis-je tolérer l’échec aussi bien que le succès? Puis-je demeurer concentré sur les tâches à accomplir lorsque bon nombre de mes autres besoins, parfois pressants, ne sont pas satisfaits?
  • Suis-je capable de travailler de façon autonome et de prendre des décisions éclairées sans consultation, même dans des situations qui ne sont pas familières ou qui sont ambiguës?
  • Est-ce que je travaille bien en équipe, tout en coopérant avec mes coéquipiers et en respectant leurs rôles respectifs?
  • Suis-je capable de travailler de nombreuses heures sans pause, au besoin?

Suis-je capable de m’adapter rapidement à des environnements en rapide évolution?

Tous les travailleurs humanitaires doivent comprendre et respecter les Principes fondamentaux du Mouvement de la Croix‑Rouge et du Croissant‑Rouge et reconnaître que, pendant leur affectation, ils représentent la Croix‑Rouge 24 heures sur 24 et observent ces Principes en tout temps. Parfois, cela veut dire de mettre ses croyances religieuses ou ses convictions personnelles ou politiques de côté.

  • Est-ce que je comprends clairement les Principes fondamentaux du Mouvement de la Croix‑Rouge et du Croissant‑Rouge, en particulier la neutralité et l’impartialité, ainsi que leur application pratique?
  • Est-ce que certaines de mes croyances religieuses ou convictions personnelles ou politiques vont à l’encontre de ces Principes?

Puis-je mettre mes convictions personnelles de côté et adhérer aux Principes fondamentaux en tout temps pendant mon affectation?